Abonné

Quatre questions à J. -C. Bureau « Une nouvelle attitude à Bruxelles » -- test a ne pas conserver

- - 3 min

Une évolution de la position de la France à Bruxelles, tel est le premier impact de la politique de Michel Barnier, selon Jean-Christophe Bureau professeur et chercheur à l’AgroParisTech. Avec un regret : l’échec de la rencontre d’Annecy où la France n’est pas parvenue à jeter les bases de la Pac d’après 2013.

Qu’est-ce qui, selon vous, devrait principalement rester du passage de Michel Barnier au ministère de l’Agriculture français ?

Je crois que c’est surtout un infléchissement de la position de la France à Bruxelles. On est passé d’une position façon « guerre de tranchées », mobilisée sur la question du retour budgétaire, à une attitude plus constructive, portant sur les vrais besoins de la Politique agricole commune. Cela a pu faire évoluer la manière dont la France est perçue en Europe. Bien sûr, le succès n’a pas toujours été au rendez vous. Le souçi légitime de promouvoir une politique de gestion des risques a été assez largement remise en cause à Bruxelles.

Michel Barnier a-t-il contribué à préparer les agriculteurs français à 2013 ?

Oui, je le crois. Sur le plan français il a bien profité du cadre permis par le bilan de santé de la Pac. Il y a eu une orientation notable des aides vers des domaines qui en avaient besoin et vers des systèmes assuranciels. Tout cela, quitte à froisser certaines organisations professionnelles commes celles des céréaliers.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

La Pac est devenue plus légitime ?

Oui. Il a déployé pas mal d’efforts pour déminer quelques critiques. Mais il n’est pas certain que ce soit gagné à 100%. Il n’est sans doute pas parvenu à éviter des arbitrages qui risquent d’être défavorables à la Pac de 2013. Il n’a, par exemple, pas réussi à faire adopter par l’Union européenne un texte en décembre dernier sur les grands principes que devrait respecter la Pac de 2013. Ce texte, pourtant peu engageant sur le fond, est resté celui de la présidence française. Il n’y est même pas question de préférence communautaire !

Quel serait son principal échec et sa principale réussite selon vous ?

Le principal échec est, justement, de n’avoir pas réussi à lancer un débat de fonds sur la Pac de 2013 et obtenir un engagement des Européens sur certains principes fondamentaux. Les opposants à cette Pac ont tout intérêt à laisser la situation pourrir jusqu’au débat budgétaire. La principale réussite c’est, je pense, l’évolution qu’a connue le ministère, sa réorganisation en ce qui concerne ses représentations régionales et l’enseignement supérieur. Il y a eu, d’une manière générale, une véritable volonté de sauvegarder et de moderniser cette administration qui était menacée au moment où Michel Barnier a été nommé.