Une étude de la Royal Holloway University of London (Royaume-Uni) publiée le 18 novembre par la revue Nature démontre un impact direct d’un pesticide néonicotinoïde sur la pollinisation. Cette étude, au lieu de se pencher sur les effets directs des pesticides sur la santé des abeilles, a évalué la pollinisation de pommiers par des colonies de bourdons soumises à une exposition à des niveaux de pesticides pouvant être rencontrés dans l’environnement. « Les pesticides ne sont généralement pas rencontrés à des niveaux mortels dans les champs, il y a de plus en plus de preuves indiquant que l’exposition à des faibles niveaux comme ceux rencontrés en conditions réelles peut avoir des effets sublétaux sur les abeilles, affectant leur comportement alimentaire, leur capacité à rentrer à la ruche et leur reproduction », soulignent les chercheurs. Les résultats de leurs travaux montrent que les colonies de bourdons exposées à un pesticide néonicotinoïde voient leur taux de visite sur les pommiers baisser et récoltent moins de pollen. De plus, la qualité du butinage est également affectée, les pommes contenant moins de graines (-36 %). Les scientifiques estiment que cette réduction de la pollinisation ne serait pas due à des changements individuels au niveau du comportement des abeilles mais plus probablement à des effets au niveau de la colonie dans son ensemble.
Réagissant à cette étude, le groupe des Verts au Parlement européen appelle à interdire définitivement ces pesticides. « Il y a urgence à transformer le moratoire en interdiction généralisée appliquée sans exception ! », demande la Française Michèle Rivasi, membre de la commission environnement.
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Bruxelles a clôturé le 30 septembre 2015 son appel pour de nouvelles données. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) est en train de mener une nouvelle étude de risque sur la base de laquelle l’interdiction partielle dans l’UE décidée en 2013 de l’usage de trois insecticides néonicotinoïdes (thiaméthoxame, imidaclopride et clothianidine) utilisés comme traitement de semence ou en granule sera réévaluée (1).
(1) voir n° 3509 du 31/08/2015