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Aviculture Une « offre coordonnée » pour reprendre le groupe Doux

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Le 5 juillet peu avant 18 heures, les principaux industriels de la filière avicole ont déposé une « offre coordonnée » pour la reprise du groupe volailler Doux en règlement judiciaire. Après l’acceptation par le tribunal de commerce de cette offre « structurante pour la filière », selon Philippe Tillous-Borde, conseiller du président de Sofiprotéol, chef de file de cette proposition, chacun prendra « ses responsabilités de gestion » pour les différentes branches du groupe Doux. Aussitôt après, le ministère du Redressement productif a fait savoir que « le compte n’y est pas ».

Le délai imposé par l’administrateur judiciaire était court mais il a été respecté. Avant l’heure limite de 18 heures, Jean-Philippe Puig, DG de Sofiprotéol et Philippe Tillous-Borde, conseiller du président Xavier Beulin ont déposé une offre coordonnée de reprise du groupe Doux. Les principaux industriels de la filière en font partie : Terrena, Triskalia pour les coopératives, Duc, LDC pour les sociétés privées, Glon-Sanders, filiale de Sofiprotéol avec sa branche aliments du bétail et aviculture, ont présenté « une offre coordonnée » pour le rachat de la société Doux. Il ne s’agit pas d’un consortium qui, ensuite, gèrerait ensemble les actifs du groupe volailler. Dans le cas d’une acceptation du plan coordonné, « chacun prendra ses responsabilités de gestion », expliquait Philippe Tillous-Borde. Autrement dit, chacun gèrerait une part du groupe, tout en se concertant avec les autres opérateurs afin d’assurer le développement de la branche avicole. « Il ne s’agit pas d’un consortium au sens d’une holding mais d’une offre coordonnée », insistait Philippe Tillous-Borde. Mais « cette offre est structurante » pour la filière qui doit réduire son déficit commercial correspondant à 42% de la consommation. De plus, l’ensemble de ces entreprises seraient liées par des intérêts économiques, par rapport à l’élevage ou à l’aliment du bétail par exemple.
De son côté, l’administrateur judiciaire Maître Régis Valiot évoquait, en fin de soirée, pas moins de sept offres de reprises. Et de citer, surprise, des offres émanant d’entreprises participant à celle menée par Sofiprotéol. LDC, Tilly-Sabco et Terrena sont sur une liste où figurent aussi Daviet, Cavac Ciab, Financière Turenne Lafayette, LDC, Sofiprotéol, Tilly-Sabco et Terrena. Explication : « l’offre coordonnée » de Sofiprotéol est surtout une « coordination d’offres » qui, pour indivisible qu’elle soit, n’empêche pas que certains membres puissent faire leur propre proposition à l’administrateur judiciaire pour s’assurer l’attribution de tel ou tel actif.

Arnaud Montebourg pas satisfait
Il n’empêche. Peu après cette annonce, le ministère du Redressement productif, dirigé par Arnaud Montebourg, faisait savoir que « aujourd’hui, le compte n’y est pas dans les offres qu’on a, de manière générale ». « Nous demandons aux repreneurs potentiels d’améliorer leur offre », poursuivait-on de même source. Le problème posé est celui du démantèlement : « Toute solution qui séparerait les actifs des sites n’est pas envisageable », insistait l’entourage d’Arnaud Montebourg. Le ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, de son côté, ne réagissait pas officiellement à ce stade.
Interrogé sur le fait que le montage risquait d’aboutir à une forme de démantèlement, Philippe Tillous-Borde n’y voyait pas un tel impératif de la part du gouvernement et estimait que l’urgence était surtout de rechercher une solution viable dans le temps et assurant la compétitivité des outils issus du groupe Doux. Aucune information n’était donnée sur les conditions sociales de la reprise, les membres du comité central d’entreprise, qui devait se tenir le 6 juillet devant être informés en premier.

La famille Doux exfiltrée
Concernant les questions financières et capitalistiques, une telle reprise exclut, en principe, la participation de la famille Doux du futur tour de table. Cette reprise est prévue, juridiquement, dans le cadre d’un plan de cession, autrement dit les dettes du groupe ne sont pas reprises par les acheteurs. Certaines institutions financières pourraient apporter leur appui à la reprise, comme le Crédit agricole, le Crédit mutuel de Bretagne ou encore le FSI. Quant à l’activité brésilienne, confiée en location gérance à JBS, elle devrait lui être vendue à terme.

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