Pour communiquer sur sa démarche basée sur des relations commerciales transparentes et apaisées, l’organisation de producteurs de lait APLBC va lancer une charte.
Dans le centre de la France, l’Association des producteurs de lait pour le bien collectif (APLBC) (1) a annoncé le 5 septembre le lancement prochain d’une « charte éthique » qui « lierait les producteurs, les laiteries et clients ». Centré sur les relations entre ces acteurs, le document « mettrait l’accent sur des valeurs communes », selon un communiqué. « D’ici notre assemblée générale du 10 juin 2025, nous allons proposer à l’ensemble de nos producteurs de l’afficher », a précisé le président de l’APLBC, Jérôme Chapon, jugeant « important que chacun puisse s’en servir comme un outil de communication ».
Cette démarche intervient en parallèle des contrats tripartites, qui représentent 75 % des volumes livrés à LSDH (partenaire historique) et 50 % de ceux destinés à Novandie (groupe Andros), qui a rejoint la démarche début 2024. Depuis le début de l’année, l’APLBC affiche un prix du lait moyen supérieur au marché et aux indicateurs interprofessionnels de coût de production, à 480 €/1 000 l (prix de base 38-32) pour Novandie. Une moyenne qui atteint 490 €/1 000 l pour les éleveurs collectés par LSDH (cahier des charges sans OGM).
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Un quart du lait de consommation et de l’ultrafrais
L’organisation de producteurs (OP) attribue cette meilleure valorisation à la « transparence » apportée sur la matière première agricole (MPA), ainsi qu’à la participation des représentants des éleveurs aux négociations avec la grande distribution. « On ne discute pas de la partie industrielle, on est là pour justifier que la MPA nous revient bien, ce qui est vérifié chaque mois par un commissaire aux comptes », précise M. Chapon.
Le modèle de l’APLBC pourrait se résumer en deux mots : « visibilité » pour les éleveurs, « stabilité » pour l’aval. Une démarche possible en se cantonnant au marché français, les deux industriels ne disposant pas de tours de séchage. « On sait qu’on ne bénéficiera jamais des marchés euphorisants beurre/poudre à l’export, note M. Chapon. Mais on bénéficiera toujours de la relation de confiance avec nos clients. » Qui plus est, les deux transformateurs ne sont pas concurrents, LSDH opérant dans le lait de consommation (MDD et « C’est qui le patron ? ! ») et Novandie dans l’ultrafrais. Deux segments dans lesquels l’APLBC revendique « un quart » du marché français. « De nombreux producteurs aimeraient nous rejoindre », glisse Jérôme Chapon. Au 1er janvier 2025, l’OP de Novandie intégrera l’APLBC, qui regroupera alors 700 élevages dans 25 départements, pour 600 millions de litres de lait.