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Une page se tourne

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Il fut un temps où les interprofessions portaient les plus grands espoirs d’organisation de l’agriculture française. Jean-Michel Lemétayer en fut un ardent et efficace défenseur. Il sut faire de l’interprofession laitière un véritable endroit de réflexion et surtout d’action. On y voyait un substitut possible à la régulation européenne en peau de chagrin. On croyait aussi que l’Etat pourrait y transférer des actions d’orientation que des offices agricoles ne pouvaient plus assumer. Une formule originale que l’Europe agricole aurait pu nous envier, voire même aurait pu imiter.

Ce n’est pas le cas. D’une certaine manière, une page de l’histoire agricole est en train de se tourner. Un certain individualisme prend le pas sur le consensuel. L’individualisme assez naturel des entreprises et de leurs partenaires, dont les agriculteurs. Pour relever les défis de la compétitivité ils doivent avant tout jouer leurs cartes, leurs stratégies.

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En fait, on s’aperçoit que les interprofessions fonctionnent encore bien dans les secteurs relativement petits, homogènes, où les intérêts sont convergents par nature. Dans certaines appellations viticoles, certains fromages (le comté). Pour les autres, il ne faut pas espérer des miracles. La fin des quotas, l’ampleur des entreprises, la mondialisation des marchés, la difficulté à s’entendre de même que la primauté du droit de la concurrence réduisent ces interprofessions, telles qu’on les avait conçues, à de beaux projets du passé ou plus simplement à des outils plus modestes où l’on parle surtout de ce qui ne fâche pas.