« Je ne parviens pas à comprendre comment le commissaire (européen au commerce Peter) Mandelson peut insister pour un accord commercial qui rendra les consommateurs européens encore plus dépendants vis-à-vis des importations pour leur approvisionnement alimentaire de base et ce, à une époque de crise alimentaire mondiale », déclare Jean-Michel Lemétayer, le président du Comité des organisations professionnelles agricoles de l’UE (Copa), dans un communiqué publié le 14 juillet. « Les agriculteurs n’ont cessé de plaider en faveur de règles commerciales équitables, établies sur une base multilatérale. Or, même si l’issue la plus favorable venait à se dégager de ces négociations commerciales, elle se traduira par une perte annuelle de 30 milliards d’euros pour le secteur agricole », affirme-t-il. De surcroît, ajoute de son côté Gert Van Dijk, le président de la Confédération générale de la coopération agricole de l’UE (Cogeca), une telle issue « aura de graves retombées sur l’industrie alimentaire et sur l’emploi. Le secteur de la transformation de la viande en souffrira tout particulièrement et globalement, nous prévoyons la suppression d’au moins un demi-million d’emplois. L’industrie européenne et les services n’en profiteront pas non plus ». Conclusion de M. Lemétayer : « En période de crise alimentaire et de conditions économiques difficiles, les citoyens européens ne veulent pas de grandes déclarations politiques sur l’importance de l’OMC. Ils souhaitent savoir ce que cela représente exactement pour eux. L’absence d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord et le projet d’accord actuellement sur la table des négociations est vraiment mauvais ». Devant les ministres de l’agriculture de l’UE, le 15 juillet à Bruxelles, la commissaire européenne Mariann Fischer Boel a estimé que les chiffres avancés par le Copa et le Cogeca n’étaient pas fondés.
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