Depuis quelques années, les embargos sur le bétail français et européen se multiplient. D’abord mis en place à cause de l’ESB (encéphalopathie spongiforme bovine) et de la FCO (fièvre catharrale ovine), l’émergence du virus de Schmallenberg est aujourd’hui la raison sanitaire évoquée par le Kremlin. « Une poignée d’hommes en Russie font la politique. En matière de questions sanitaires et phytosanitaires, c’est Sergueï Dankvert, directeur du Rosselkhoznadzor, le service national de contrôle vétérinaire et phytosanitaire, qui dirige les opérations », explique Guy Hermouët, vice-président de la Fédération nationale bovine (FNB) et membre du Groupement export France (GEF). Certaines décisions ne sont pas justifiables d’un point de vue sanitaire. Les raisons « cachées » sont politiques. C’est dans la doctrine sur la sécurité alimentaire de la Russie qu’il est écrit que « la nourriture est, de plus en plus, l'un des principaux leviers de pression politique et économique dans les relations internationales.» Voilà qui a le mérite d’être clair. Les Etats-Unis en ont aussi fait les frais en décembre 2012 concernant l’adoption à Washington de la « liste Magnitski » qui prévoit des sanctions contre les responsables russes impliqués dans des violations des droits de l’homme. Selon l’ambassade de France à Moscou, c’est au lendemain de cette décision de la Maison blanche que Vladimir Poutine a durci l’embargo sur la viande américaine contenant de la ractopamine.
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