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Coopérative Une politique d’acquisition dynamique de Limagrain aux Etats-Unis

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Avec une stratégie de développement tournée vers l’international, le groupe coopératif Limagrain a présenté ses résultats 2009/2010, au cours d’une conférence de presse dans ses locaux parisiens le 21 décembre 2010. La stratégie d’acquisition du groupe a aussi été évoquée.

«Les trois piliers de l’activité de Limagrain sont la production de semences potagères et de grandes cultures, et les produits céréaliers », a indiqué Daniel Chéron, directeur général de la coopérative, en présentant les résultats 2009/2010 lors d’une conférence de presse le 21 décembre à Paris. Un chiffre d’affaires (CA) de 1 349M€, en hausse de 9,4% par rapport à 2008, constitue « un résultat conforme aux attentes » selon Daniel Chéron. Sous la bannière de Vilmorin & Cie, la vente de semences représente 1,06Mds€ du CA de la coopérative. Sur ce chiffre, 520M€ sont issus des semences de grandes cultures et 540M€ des potagères. Le troisième pilier, concernant les produits céréaliers, totalise un CA de 230M€ entre les produits de panification, sous la marque Jacquet principalement, et les ingrédients céréaliers, farines et semoules, dont le développement est plus récent. Enfin, les activités de Limagrain Agro-Productions rapportent 60M€ au groupe cette année. « Une partie des activités Agro-Productions n’apparaît pas dans ces chiffres, car 130M€ sont valorisés directement au sein des trois piliers de la coopérative, essentiellement à destination des semences », a précisé Daniel Chéron. Selon lui, « la hausse de CA de 9,4% peut être décomposée en 5,7% de croissance interne liée à la rentabilité des activités du groupe, et 3,7% en externe par les acquisitions réalisées en 2010 ». Outre la fusion, depuis janvier 2010, des coopératives Maïscentre et Domagri au sein de la branche Limagrain Agro-production, et l’acquisition du moulin de Verdonnet à la même époque, le groupe coopératif poursuit une politique d’acquisitions dynamique outre-Atlantique.

Des objectifs ambitieux sur les semences de blé à l’international

En tant que leader européen de la fourniture de semences de blé, la coopérative Limagrain fait partie des deux plus grands opérateurs du secteur au niveau mondial avec Syngenta. Une stratégie de développement à l’international en direction de l’Amérique du nord et du sud, de la Chine et de l’Australie devrait permettre à l’entreprise d’atteindre son objectif, devenir le numéro un mondial des semences de blé améliorées, qu’elles soient obtenues par sélection, hybridation ou modification génétique. Avec un budget recherche passant de 77M€ en 2000, à 141M€ dix ans plus tard, « la coopérative consacre 80% de cet argent au métier de sélectionneur, dit classique, et 20% aux biotechnologies », a détaillé Daniel Chéron. Outre les recherches sur la caractérisation du génome des espèces végétales ou sur les OGM, ces programmes sont aussi consacrés à l’obtention d’OGM de seconde génération, résistant à la sécheresse et utilisant l’azote de façon efficiente, en blé et en maïs. La création de blés hybrides obtenus par des méthodes de production moins coûteuses qu’aujourd’hui fait aussi partie des recherches en cours.

Un marché américain porteur pour l’activité semencière de Limagrain

Au travers de la joint venture nord américaine, AgReliant, détenue à 50% par le semencier allemand KWS, Limagrain est devenu le quatrième fournisseur de semences de maïs aux Etats-Unis. De plus, le groupe a consolidé ses implantations dans le pays suite à l’acquisition, courant 2010, de quatre petits semenciers américains. Ces derniers doivent permettre au groupe coopératif de disposer de stations de recherches et d’un réseau de distribution outre-Atlantique. « Avec un CA supérieur à 300M€, AgReliant, qui détient 6% des parts du marché des semences aux Etats-Unis, vend des volumes supérieurs aux 16% du marché européen maîtrisé par Limagrain », a indiqué Daniel Chéron. « La décision d'implanter les recherches sur les biotechnologies en blé aux Etats-Unis est motivée par la volonté d’accéder à ce marché, mais aussi par les risques liés aux destructions des parcelles d’essais par les militants anti-OGM en Europe », a expliqué Daniel Chéron. Enfin, les prises de participations croisées entre Vilmorin, entrant pour 7,25% dans Arcadia, spécialiste des biotechnologies aux Etats-Unis, et Arcadia, achetant 35% des parts de la plateforme de développement du blé aux Etats-Unis, la holding Limagrain Cereal Seeds, démontrent les ambitions américaines du groupe coopératif.

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