La Pac est de plus en plus à l’étroit, engoncée dans sa pointilleuse réglementation. Or, comment réagir aux événements lorsqu’on est affublé d’une camisole de force ? Le porc fait l’objet de soupçons, alors que s’étend une grippe qui commence à faire des ravages humains et malheureusement lui est imputée. Même si le coupable s’avère finalement ne pas l’être vraiment, la consommation de cette viande va en subir les conséquences. Quel soutien l’UE peut-elle donc lui apporter ? Aucun ou presque, avec les maigres outils proposés par une organisation de marché dite « légère ». Il aura fallu la vache folle pour inscrire dans les textes régissant le secteur bovin une disposition autorisant un soutien spécifique en cas de baisse des prix due à une situation exceptionnelle. Il aura fallu convaincre une Mariann Fischer Boel plus que réticente pour étendre cette modalité à la volaille en pleine crise de la grippe aviaire. Mais, pour l’heure, le porc est nu. Pour le marché laitier, qui souffre aussi, la commissaire européenne se contente de constater que les rares instruments encore en place ont déjà tous été utilisés. Pas très rassurant. Pour l’acompte sur le paiement unique que l’Allemagne suggère de verser aux exploitations à la trésorerie chancelante, Mme Fischer Boel est obligée de faire preuve d’une rigidité qui n’a d’égale que celle de la réglementation en place. Idem pour les corrections financières souvent très brutales infligées aux Etats membres en cas d’irrégularités. On en est là. Avec ce paradoxe : Bruxelles se targue de mettre en place une Pac de plus en plus « simplifiée » qui se révèle être, finalement, un véritable carcan.
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