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Climat Une première réunion du comité sécheresse le 12 mai

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La première réunion du « comité sécheresse » convoqué par la ministre de l’Environnement est fixée pour le 12 mai. Quinze départements sont désormais concernés par des restrictions d’usage de l’eau. La FNSEA lance « un mot d’ordre » pour que tous les agriculteurs « se mettent en situation, dès le mois de mai, bien avant les moissons, pour ne pas laisser perdre de la paille ». La Confédération paysanne a formulé à Bruno Le Maire des propositions, dont l’interdiction du broyage des pailles et la possibilité offerte aux éleveurs d’accéder à 500 kg de céréales par UGB au prix d’intervention.

Et de quinze. A ce jour, quinze départements traversent des difficultés liées à la sécheresse. En France, « avril 2011 a été le deuxième mois d’avril le plus chaud depuis 1900 », indique Agreste dans une note de conjoncture. « Après quatre mois consécutifs de déficits de précipitations, le niveau des réserves utiles des sols en eau est au-dessous du niveau normal sur l’ensemble de la métropole ».
En France, des mesures sont désormais prises de la Somme au Rhône, en passant par la région Poitou-Charentes, particulièrement touchée et où il est question de « crise renforcée ». Trois nouvelles préfectures ont fait récemment état de niveau bas de leurs nappes : celles de la Vendée, de l’Eure, de l’Indre. Six départements sont touchés par les mesures les plus sévères de restriction, dites de « crise renforcée» : les Deux-Sèvres, la Vienne, la Charente, la Charente-Maritime, la Seine-et-Marne et le Val-de-Marne. Ce dispositif suppose des limitations des usages de l’eau au moins 5 jours sur 7 et peut aller jusqu’à une restriction totale sur au moins un bassin versant. Deux autres départements, l’Essonne et le Cher, sont concernés par des restrictions de niveau plus faible. Dans ce contexte, la première réunion du « comité sécheresse » convoqué par la ministre de l’Environnement est fixée pour le 12 mai. Il se réunira toutes les six semaines pour se préparer à une éventuelle sécheresse cet été.

Ne pas laisser perdre la paille

La FNSEA demande à ses membres de s’organiser pour éviter une pénurie de paille, les besoins de l’élevage devant être « 4 à 5 fois supérieurs » à la norme en raison de la sécheresse, a déclaré Dominique Barrau, secrétaire général le 5 mai.
Pour les fourrages, il estime entre « 30 et 50% » les pertes pour la récolte. Pour la paille, la FNSEA explique qu’elle ne peut pas encore chiffrer les conséquences, qui dépendent beaucoup de « la météo de ces prochaines semaines ». Mais, selon Dominique Barrau, il y aura « moins de grains et moins de paille » à l’issue des moissons. Le syndicat lance « un mot d’ordre » pour que tous les agriculteurs « se mettent en situation, dès le mois de mai, bien avant les moissons, pour ne pas laisser perdre de la paille ». Lors des moissons de l’été, le céréalier a le choix entre garder la paille pour la mettre en bottes destinées à l’élevage, ou la broyer pour la répandre dans les champs où elle se transforme en humus, explique-t-il. Dominique Barrau prône ainsi un rapprochement entre les fédérations locales de l’élevage et les représentants départementaux des céréaliers « pour contractualiser des achats de paille ». La FNSEA veut notamment « éviter la spéculation par les marchands de paille ». « L’élevage n’aura pas les moyens de se payer une autre année de crise », prévient le syndicaliste.

Moraliser le marché des fourrages

La Confédération paysanne rappelle dans un communiqué qu’une « grande partie des éleveurs de l’Ouest ont subi une grave sécheresse (l’an passé : ndlr), ce dans l’indifférence générale, en particulier celle du ministre de l’Agriculture, malgré nos interpellations répétées ». « Cette situation a en partie concouru aux difficultés que traversent nombre d’éleveurs aujourd’hui », ajoute-t-elle. « Les paysans attendent aujourd’hui des décisions gouvernementales fortes pour leur assurer un approvisionnement et pour moraliser le marché des fourrages », indique la Confédération paysanne. Le syndicat a indiqué avoir déjà formulé au ministre de l’Agriculture quelques premières propositions : « interdire le broyage des pailles, envisager une mesure permettant aux éleveurs d’accéder à 500 kg de céréales par UGB au prix d’intervention, d’alléger les règles régissant la gestion des PMTVA (durée de détention des animaux), des reports d’échéance sur les prêts bancaires pour ceux qui le souhaitent ainsi que le paiement rapide des MAE et des aides sécheresse de l’an dernier ! »

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