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Prospective Une récession mondiale aurait un impact négatif sur le marché des céréales

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Dans une étude prospective diffusée à ses actionnaires fin novembre, la Société générale envisage la possibilité d’une récession mondiale pour les deux années à venir. Un tel scénario aurait d’importantes conséquences pour le marché des grains, car il serait à l’origine d’une forte baisse de la consommation mondiale de viande, grande utilisatrice de céréales.

Quelque 9 milliards d’habitants en 2050 et peut-être pas assez de céréales pour nourrir tout le monde : cette perspective à long terme guide les marchés des grains à la hausse. Mais compte tenu de la difficile conjoncture économique, est-ce aussi vrai à moyen terme ? Dans un document qu’elle a diffusé à ses actionnaires fin novembre, la Société générale a effectué une plongée dans l’avenir avec cette idée : « Espérer le meilleur, se préparer au pire ». Pour les deux prochaines années, la banque envisage donc trois scénarios économiques mondiaux qui prennent en compte le très fort endettement des pays occidentaux. Le plus noir d’entre eux prévoit l’entrée dans une spirale déflationniste, liée à la progression du chômage et à la baisse de la consommation dues aux prix bas. Une telle perspective n’épargnerait pas les marchés agricoles. « La demande des consommateurs en alimentation humaine continuerait de grimper, mais à un taux moins élevé que la moyenne, déjà basse », indiquent dans un premier temps les auteurs du rapport. Au mieux, la demande industrielle resterait quant à elle stable. Mais en revanche, la consommation mondiale de viande serait appelée à baisser, compte tenu de la récession et du chômage croissants.

Jusqu’à 50 % de baisse des prix en céréales
Vraisemblablement, la Chine et les pays d’Asie du Sud-Est feraient exception. Mais la croissance de leurs besoins ne suffirait plus à masquer les baisses survenues dans les autres pays. La moitié de la production de céréales étant utilisée pour l’alimentation animale, l’impact sur les marchés des grains serait donc important. Selon la Société générale, les cours pourraient, dans les trois ans à venir, chuter de 50 % par rapport à leurs niveaux actuels. Surtout si la demande en alimentation animale continuait à s’affaiblir. Seule exception à ce tableau très sombre : le sucre. Les besoins augmentent lentement mais régulièrement depuis des années et devraient poursuivre leur chemin, récession ou pas. « Le sucre pourrait même profiter de la baisse de compétitivité de certains édulcorants artificiels », prévoient les auteurs de l’étude.
Ce « scénario du pire » n’a pas la faveur de la Société générale, qui défend plutôt un scénario « central » dans lequel le retour à la croissance serait progressif après une période de stabilisation entamée dès 2009. Dans un tel cas, la consommation de viande reprendrait sa progression début 2010 en Europe et aux Etats-Unis tandis qu’elle augmenterait significativement en Asie et en Chine. Cette embellie n’aurait pas de conséquences immédiates, compte tenu du temps d’adaptation nécessaire à l’industrie de la viande. Mais, le retour à la « normale », à savoir des marchés des grains plutôt tendus, aurait lieu dans les trois ans. Des analyses à prendre avec précaution, tout de même, car elles excluent les aléas de récolte.

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