Avant même d’être adoptées par la Commission de Bruxelles, les propositions législatives pour la réforme de la Pac sont jugées excessives par les organisations agricoles. Celles-ci qualifient même d’« absurdes » les modalités envisagées pour le verdissement des paiements directs, principale innovation du projet concocté par Dacian Ciolos. Le commissaire européen tape, il est vrai, assez fort, afin qu’il en reste quelque chose après la négociation avec les Etats membres. Les professionnels, du moins leurs syndicats majoritaires, assurent qu’ils ne sont pas opposés à des mesures pour une « croissance verte », mais à condition que celles-ci n’écornent pas la rentabilité de l’exploitation et qu’elles soient volontaires. Ils se disent aussi favorables aux projets visant à réserver les paiements directs aux agriculteurs « actifs » et à les distribuer de façon plus équitable. Mais, selon eux, il faut, là aussi, faire preuve de pondération et de prudence. Une prudence dont ne s’embarrasse pas l’OCDE qui, quelques jours avant la publication des propositions de la Commission, déplore la mauvaise répartition des aides de l’UE, dont, souligne-t-elle, une part importante profite à des bénéficiaires assez bien lotis pour s’en passer. L’organisation internationale suggère en fait de restreindre ces soutiens « à ceux qui en ont besoin », ce qui « permettrait d’en faire plus avec moins de moyens ». Verdissement, équité : comme le montrent ces premières réactions, il est clair, en tout cas, que les adaptations de la Pac qui vont être préconisées par Bruxelles n’ont rien de cosmétique.
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