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Sécurité alimentaire/UE Une réunion publique de l'EFSA pour la phase finale de réévaluation de l'aspartame

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Afin d'assurer une compréhension complète des observations reçues au cours de la phase de consultation sur le projet d'avis sur la réévaluation complète de l'aspartame (E 951) – avant l'adoption finale de l'avis scientifique le 15 mai 2013 –, l'EFSA (Autorité européenne de sécurité alimentaire) a organisé le 9 avril à Bruxelles une réunion scientifique d'information. L'exercice consistait à engager des discussions avec tous les acteurs et parties qui ont contribué aux commentaires reçus durant la phase de consultation afin de peaufiner l'avis scientifique final de l'EFSA sur la réévaluation de l'aspartame. Une réévaluation qui devait être effectuée pour l'année 2020 mais qui a été anticipée suite à la publication de nouvelles informations scientifiques qui ont émis quelques doutes sur la sécurité de ce produit.

« Nous avons beaucoup appris de cette consultation et de l'occasion offerte par cette réunion à Bruxelles avec les parties qui y ont participé pour mieux comprendre les commentaires soumis. Nous avons vu, par exemple, que nous devons mieux expliquer pourquoi nous incluons ou excluons certaines études de notre évaluation des risques ainsi que les incertitudes et les limites de certaines des études disponibles sur la sécurité de l'aspartame », a indiqué Alicja Mortensen, présidente du Groupe scientifique sur les additifs alimentaires et les sources de nutriments ajoutés aux aliments de l'EFSA (groupe ANS), à l'issue de la réunion. « Nous allons examiner tous les points soulevés aujourd'hui très soigneusement pour la finalisation de notre avis final sur l’aspartame », a-t-elle assuré. Jusqu’à présent, la consommation d’aspartame, cet édulcorant qui apporte une saveur sucrée à de nombreux produits allégés, avait été déclarée sans risque pour la santé. Or, les résultats d’une étude italienne menée sur 1 800 rats en 2011 suggèrent que la prise d’aspartame pourrait entraîner la survenue de tumeurs dans différents tissus humains. L’aspartame se retrouve dans plus de 6 000 produits, du chewing-gum aux boissons light, et 200 millions de personnes en consommeraient régulièrement.

Un projet d'avis de l'EFSA qui se veut rassurant

Dans la foulée de l'étude italienne et à la suite d’une analyse qualifiée par l'EFSA de « détaillée et méthodique » de la littérature scientifique existante sur l'aspartame, les experts européens ont conclu dans un avis préliminaire que « la consommation d'aspartame ne posait pas de problème de toxicité pour les consommateurs aux niveaux actuels d’exposition ». La dose journalière acceptable (DJA) actuelle (40 mg/kg de poids corporel) est considérée comme « sûre pour l’ensemble de la population et l’exposition des consommateurs à l’aspartame est inférieure à cette DJA ». Pour établir cette DJA, les experts de l'EFSA ont notamment tenu compte des résultats issus d’études à long terme sur des animaux de laboratoire et portant sur la toxicité, la carcinogénicité et les possibles effets nocifs de la phénylalanine, l’un des produits de décomposition de l’aspartame, sur le développement du fœtus. La phénylalanine est un acide aminé qui constitue les protéines présentes dans de nombreux aliments. Ce composé est connu pour être toxique à des niveaux élevés de consommation, en particulier pour le développement du fœtus chez les femmes souffrant de la phénylcétonurie (PCU). Cette pathologie héréditaire accroît les concentrations de phénylalanine dans le sang à des niveaux toxiques pour le développement du cerveau. Les scientifiques européens ont confirmé que, si la DJA protège la population dans son ensemble, « elle ne s’applique toutefois pas aux personnes souffrant de PCU étant donné que ces dernières doivent respecter un régime strict faible en phénylalanine ». Cet examen complet a été rendu possible grâce deux appels publics destinés à recueillir des données et qui ont mis en lumière une grande quantité d’informations scientifiques, comprenant des données et des études déjà publiées ou inédites, notamment les 112 documents originaux sur l’aspartame ayant été soumis lors de la demande initiale d’autorisation de l’aspartame en Europe au début des années 1980. « Par souci de transparence et d’ouverture », l’EFSA a publié la liste complète de ces études scientifiques et a également rendu public l’accès à certaines données scientifiques inédites.

Plus de 200 commentaires de la part des parties intéressées

Le 8 janvier 2013, l'EFSA a lancé une consultation publique sur un projet d'avis sur la réévaluation de l'aspartame (E951) afin de recevoir des commentaires de la communauté scientifique et des parties prenantes. Le projet d'avis de l'EFSA porte sur les problèmes de sécurité potentiels liés à la toxicité, cancérogénicité et la génotoxicité et également à ce qui touche à la reproduction ainsi qu'aux effets potentiels sur le développement liés à l'aspartame et à ses métabolites. Durant la phase de consultation publique en ligne de l'EFSA, l'Autorité a reçu un total de 219 observations sur son projet d'avis. La majorité d'entre eux ont été soumis par des ONG avec la plupart des autres provenant de l'industrie alimentaire, du milieu universitaire, des organismes nationaux de sécurité alimentaire et même des journalistes. Les commentaires ont été regroupés autour des grands thèmes comme les aspects scientifiques de l'avis, la toxicité du méthanol (un métabolite de l'aspartame) et le formaldéhyde (un métabolite du méthanol), l’exposition des consommateurs à l'aspartame, les modifications rédactionnelles, etc. Les résultats de la consultation publique en ligne et les commentaires de la réunion du 9 avril 2013 ainsi que les réponses de l'EFSA aux commentaires reçus, seront publiés dans un rapport en même temps que l'avis final de l’EFSA sur l'aspartame, prévu pour le 15 mai 2013.

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