Pour mesurer la sensibilisation des acteurs de la grande consommation au développement durable, le cabinet conseil Solving Efeso vient de créer un baromètre dont la première version vient de paraître. Etabli en partenariat avec LSA, il fera l’objet d’une publication annuelle qui permettra de suivre l’évolution des deux secteurs, l’industrie alimentaire et la grande distribution, au regard de leur perception et de leurs initiatives en matière de développement durable.
D’ores et déjà, il apparaît que les industriels du secteur des produits de grande consommation et que les distributeurs à dominante alimentaire font état de plus d’une trentaine d’initiatives. Cependant, ils accusent un léger retard par rapport aux secteurs du bâtiment ou des transports également très sollicités.
Une majorité de suiveurs
Par rapport à leurs concurrents, certains industriels (15%) et davantage de distributeurs (29%) ont déjà pris une avance significative mais même si tous les piliers (gouvernance, économie, environnement et social) font l’objet d’initiatives et d’actions, la sensibilité des acteurs est variable. Sans doute, les retardataires sont rares (9% des industriels) ou inexistants (chez les distributeurs). En fait, la part la plus importante des industriels (76%) et des distributeurs (71%) se contentent d’être des suiveurs et optent pour une politique de développement durable réactive. En revanche, certains acteurs (15 % chez les industriels et 29 % chez les distributeurs) ont déjà acquis une avance significative, qui leur procure, selon Philippe Jaegy, vice-président de Solving Efeso, « un avantage compétitif fort grâce en partie à une meilleure maîtrise des coûts et à un gain d’image ».
Dans ces deux secteurs, le consommateur et les associations qui le représentent, sont un véritable catalyseur, d’où une forte sensibilité sur le pilier social (70/100, selon le baromètre Solving) au moyen d’initiatives de type marketing responsable et mécénat (action humanitaire, sensibilisation aux dangers de l’alcool, …). A contrario, le pilier économie est peu couvert (40/100), car les initiatives liées à la sécurité financière sont peu nombreuses et peu déployées. La raison en est, explique Philippe Jaegy, que « l’accès au financement était, jusqu’à présent, aisé et que les risques (de marché, de contrepartie) étaient maîtrisés. Mais dans le contexte de crise financière, garantir la sécurité financière de son entreprise va devenir un axe majeur de progrès qui passera par une baisse significative du gearing ».
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A vouloir tout faire en même temps
En fait, le foisonnement d’initiatives révèle parfois un manque de structuration dans la stratégie « développement durable » de certaines entreprises : c’est le risque de vouloir tout faire en même temps. Dans certains cas, les approches, par exemple environnementales, manquent de rigueur et peuvent être critiquées par les parties prenantes des entreprises (consommateurs, fournisseurs, pouvoirs publics). Toutefois, le législateur peut être tenu pour responsable de cette situation, quand il ne précise pas ou peu les règles d’application de certaines de ses décisions (ex : étiquetage carbone des produits). A noter l’influence de facteurs fortement structurants de la politique développement durable, tels que les normes ISO 14 001 (45% de l’échantillon) et la Loi NRE.
Face au corpus réglementaire en cours et à venir, les acteurs des deux secteurs doivent prendre le tournant de la croissance verte et éviter tout risque opérationnel (risque de réputation, risque d’approvisionnement, etc.). « Dans leurs pratiques sociales et de gouvernance, estime Philippe Jaegy, ils doivent promouvoir le retour d’un capitalisme d’entreprise et d’entrepreneur responsable (sens de l’ISO 26000) car les entreprises qui prendront ce tournant rapidement vont bénéficier d’une prime non négligeable à l’éco-responsabilité ».