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Une start-up parisienne veut essaimer l’aéroponie à travers le monde

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Ils ont de grandes ambitions les quatre fondateurs de la start-up parisienne Smart Farming System (SFS), qui vient de s’installer dans l’incubateur Smart Food Paris : un déploiement d’emblée international et 50 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici cinq ans.
 
Comme le français Agricool ou l’américain Aerofarms, SFS mise sur l’aéroponie, une technique de culture hors sol développée par la Nasa, avec laquelle les racines sont nourries par vaporisation. Et les plantes sont cultivées en ambiance contrôlée sous Led. «Nous proposons un système de production agricole clé en main , assisté par intelligence artificielle à destination des créateurs de fermes urbaines », explique l’un des associés, Cyril Veran (à droite sur l'image ci-dessous, aux côtés des deux autres associés Thomas Janssoone à gauche, et Thomas Dalbarade au centre).
 
L’originalité de SFS, c’est «que l’on peut entrer à l’intérieur du tissu urbain», dans un parking ou des intérieurs de bâtiments existants. Jusqu’ici, les projets d’aéroponie ont plutôt pris la forme de containers (Agricool) ou de hangars dotés de chariots élévateurs (Aerofarms).

 

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Comme Agricool, SFS vend des modules de production, mais développera des offres de leasing pour des autoentrepreneurs. «Pour un module de 100 mètres carrés, l’investissement est de 416 000 euros. Le chiffre d’affaires s’élève à 460 000 euros de chiffre d’affaires, pour 1 million de plantes produites».
 
Toutefois, le modèle économique de SFS n’est pas basé sur la vente de ces modules, pour laquelle elle s’est associée à l’industriel Sagaert, mais plutôt sur la vente des services de manutention et de suivi aux acheteurs de ces modules. «Pour nous, l’élément limitant le développement de ces techniques d’agriculture, c’est le nombre limité d’experts, c’est pour cela que l’intelligence artificielle, que nous fournirons à nos clients, est une solution pour son déploiement plus rapide».
 
À l’instar d’Aerofarms, SFS se tourne vers l’Amérique, l’Asie et le Golfe, principaux marchés pour ces nouvelles formes de production économes en eau et en surface. Les premières commercialisations ne sont pas prévues avant le premier trimestre 2021, mais des contacts sont déjà pris à Singapour, aux Émirats ou au Canada. SFS vise également le marché de la pharmacie, pour proposer des bancs d’essai de cultures modifiées génétiquement, desquelles on peut tirer des matières actives.
 
La société n’existe pourtant que depuis trois mois, même si les quatre associés – un docteur en intelligence artificielle, un ingénieur agronome, un architecte et un designer industriel y travaillent depuis déjà un an.

Mathieu Robert