Abonné

Ovins Une stratégie filière ovine tournée vers le consommateur final

- - 3 min

Là où de nombreuses filières patinent, la filière ovine est parvenue à rassembler amont et aval dans une démarche Agneaux de nos Régions (ANR) tournée vers les attentes des consommateurs.

«Dans l’univers des viandes, on subit plus la production qu’on ne l’oriente », a soutenu Stéphane Lacroix, responsable catégorie viande Intermarché, le 26 février lors d’une conférence organisée par les Mousquetaires sur la démarche Agneaux de nos Régions (ANR). Voilà qui a le mérite d’être clair. Mais le responsable ne s’arrête pas là : « Les anciennes générations consommaient du gigot entier ou de l’épaule entière. Les nouvelles générations consommeront plutôt des découpes et des produits plus élaborés. ». C’est là le cœur de la démarche ANR comme l’avance Hervé Chapon, directeur des achats vifs des abattoirs Jean Rozé : « S’adapter à la demande du consommateur est le point de départ de la stratégie ». Si les consommateurs ne sont pas au rendez-vous, c’est l’ensemble de la filière qui est remise en question. Ainsi, la filière propose des produits plus élaborés et « rapides à cuisiner » selon les termes de Stéphane Lacroix.
La démarché ANR rassemble 670 éleveurs, les abattoirs Jean Rozé et les Mousquetaires. Les zones géographiques couvertes sont le grand Ouest et l’Est. Ce rassemblement est gagnant-gagnant, plusieurs éleveurs présents à la conférence en témoignent : « Nous avons une sécurité pour la vente de nos agneaux. Nous pouvons assurer une partie de notre revenu et nous nous en sortons ». L’enthousiasme de l’ensemble des acteurs engagés dans la démarche est nuancé par le contexte économique et financier. Les coûts de production sont encore une contrainte. Les éleveurs optimisent l’alimentation des animaux, mais il y a des limites à ne pas dépasser. « Cette année, le poids moyen des animaux abattus a diminué », soutient Guillaume Perdriel de Jean Rozé. Globalement, la démarche est éclairante au regard de la situation de l’élevage. Hervé Chapon rappelle que la consommation de viande d’agneaux est en fort recul, passant de 5,4 kilos par habitant et par an en 1990 contre 3,2 en 2011. Pourtant, cette démarche de qualité parvient à tirer son épingle du jeu. « Les abattages d’Agneaux de nos régions (ANR) augmentent de 4% sur les sept dernières années quand dans le même temps les abattages nationaux reculent de 3% », constate Hervé Chapon.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

consommateurs
Suivi
Suivre