Unéal a retravaillé son plan d’investissements en le baissant de 32 à 23 M€/an. En revanche, la coopérative, adossée à Advitam participations, a multiplié les alliances avec ses voisines. Elle investit 60 M€ dans quatre projets stratégiques pour 2019, notamment dans la production de semences.
L’année 2019 sera exceptionnelle pour Unéal. La nouvelle station de semences d’Avesnes-les-Bapaume (62) entrera en activité en février. Puis à la fin 2019, la coopérative ouvrira sa nouvelle plateforme de distribution Vertdis destinée à ses 135 magasins Gamm Vert ainsi que son nouvel entrepôt de produits d’agrofourniture. « Avec nos efforts consacrés dans la transition numérique, nous prévoyons d’investir globalement 60 M€ dans ces quatre projets dont la moitié pour la station de semences », vient de révéler Cédric Cogniez, directeur d’Unéal et du groupe Advitam à l’occasion de la présentation des comptes de l’exercice 2016-2017. Mais le groupe Advitam ne le fera pas seul.
Un GIE avec CapSeine et Noriap sur les semences
En expliquant « vouloir préparer l’avenir et structurer ses futurs investissements », il s’est appuyé sur de nouvelles alliances. Pour son usine de semences, il a créé une union de production avec les coopératives voisines tout en conservant ses partenaires historiques (la coopérative La Flandre et l’UCAC). Ce GIE sera constitué avec CapSeine et Noriap et l’appui d’In Vivo (Semences de France). Ces deux premières étaient déjà associées dans Séliance qui détenait deux usines de semences.
De son côté, Unéal regroupe ses trois sites en un seul lieu. « Au lieu de produire 75 000 tonnes de semences annuelles sur 6 sites, nous les produirons dans trois endroits différents », a souligné Bertrand Hernu. Celui qui préside Unéal depuis 10 ans a une forte ambition : « Construire le leader national des semences de céréales à paille et se préparer dès maintenant à la production d’hybrides. »
Pour faire face à la croissance de son réseau Gamm Vert, dont le nombre de magasins est passé de 71 à 135 entre 2008 et 2017, Unéal va réinvestir dans une nouvelle plateforme qui devrait être située dans l’Arrageois. « L’exploitation de cette nouvelle plateforme se fera en commun avec CapSeine, Noriap, EMC2 et InVivo », a précisé le président.
Enfin, le groupe va fermer son entrepôt de Mercatel (62) et livrer ses produits d’agrofourniture à partir de celui de Neuville-Saint-Amand, situé près de Saint-Quentin (02). L’agrandissement de l’entrepôt logistique devrait ainsi être opérationnel mi-2019. « Il s’agit là aussi de mutualiser les coûts et surtout de préparer le développement de la distribution des produits d’agrofourniture via le e-commerce qui demande une logistique irréprochable ».
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La pire moisson des Hauts de France
« Ce ne sont pas des alliances par défaut », a tenu à rassurer le président qui parle de « mise en commun de moyens et non d’opérations capitalistiques ». En rajoutant : « On voit beaucoup d’intelligence dans ces dossiers ». Elles viennent également compléter les accords passés dans l’aliment du bétail entre Novial et Unéal qui ont décidé de spécialiser leurs six usines de production. À l’échelle des territoires de la Seine Maritime et des Hauts de France, ces alliances ont du sens, comme aime souvent les décrire Jean-François Gaffet, le président de Noriap.
La pire moisson que les Hauts de France ait connue a bien sûr pesé sur les chiffres. Ce revers de collecte (997 000 t) a fait chuter de 20 % le chiffre d’affaires de la coopérative qui s’établit à 462 M€ quand le chiffre d’affaires du groupe s’établit à 1,03 Mrd€ (en recul de 200 M€) avec un Ebitda de 45 M€. Le résultat net de la coopérative s’établit à 7,60 M€ en baisse de 1,30 M€. Néanmoins, tous les pôles d’activité sont dans le vert.
« Ce qui montre que même en situation de stress, l’entreprise sait s’adapter. Ce fut un bon test de résistance », ont commenté les administrateurs du groupe Advitam.
« Même en situation de stress, l’entreprise sait s’adapter »