Le hasard fait parfois curieusement les choses. Fin novembre, à quelques jours d’intervalle, l’Union coopérative de viticulteurs charentais (Unicoop) annonçait la cession des droits de la marque de cognac Prince Hubert de Polignac, ainsi que le château Lamothe Bergeron. Aucun montant de cession n’est divulgué par les intéressés. « Ces deux opérations n’ont rien à voir l’une avec l’autre », souligne Aurélie Martin, responsable marketing de H. Mounier, filiale de la coopérative. C’est avec le chinois Asia Turbo International, l’un de ses partenaires commerciaux « de longue date », qu’Unicoop a fait affaire. « Notre partenaire voulait une marque de cognac et avait déjà beaucoup investi dans Prince Hubert de Polignac. Mais l’accord prévoit un contrat exclusif d’approvisionnement d’eau-de-vie et de prestation d’embouteillage », insiste Aurélie Martin. Ceci permet non seulement « de rassurer le consommateur sur la qualité du produit », mais également à Unicoop de « capitaliser sur son savoir-faire industriel et de sécuriser ses approvisionnements ». Cette cession s’inscrit dans le cadre d’un recentrage de la coopérative sur le cognac haut de gamme, avec sa marque emblématique Cognac Hardy, fondée en 1863. Le produit de la vente des droits du cognac Prince Hubert de Polignac « sera réinvesti dans le développement de Hardy », ajoute encore Aurélie Martin. Pour plus de 50 % de la production, cette marque est vendue aux États-Unis, mais aussi en Asie.
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De son côté, Lamothe Bergeron, en vente depuis plusieurs années, a été racheté par la Capssa, une caisse de prévoyance, qui s’offre ainsi son premier château dans le Bordelais. Une opération vue d’un bon œil par Laurent Mery, à la tête de ce cru bourgeois depuis 10 ans et confirmé à son poste par le nouvel actionnaire. Cette « reprise s’inscrit dans la continuité. Nous allons continuer à investir pour porter les ambitions de la marque, développer la notoriété et l’œnotourisme », explique ce dernier. Avec 68 hectares de vignes, Lamothe Bergeron réalise un chiffre d’affaires de 2,5 M€, en appellation Médoc, avec une production annuelle de 400 000 bouteilles environ.