Le groupe coopératif Unicopa a confirmé, le 17 mars, avoir sollicité le Comité interministériel des restructurations industrielles (CIRI) pour l’aider à faire face « à une situation financière tendue ». Une démarche qui doit donner au groupe basé dans le Finistère du temps pour trouver des solutions partenariales. Celles-ci pourraient concerner Nutréa, toujours en discussion avec Le Gouessant, et la charcuterie de Brocéliande qui, comme Entremont Alliance, s’est mise à perdre de l’argent.
Le groupe breton Unicopa, dont le siège se trouve à Morlaix (Finistère), recherche des partenaires industriels dans les métiers où il est majoritaire (nutrition animale et charcuterie-salaisons), et se déclare ouvert à des cessions de parts, même majoritaires. Claude Sanglier, directeur des ressources humaines du groupe, a confirmé que le groupe avait sollicité le Comité interministériel des restructurations industrielles (CIRI) pour l’aider à faire face à « une situation financière tendue ». « Durant l’exercice 2008, la nutrition animale a fait face une forte volatilité des prix des matières premières, tandis que le secteur de la charcuterie salaison a subi de plein fouet la baisse de la valorisation de ses produits », explique-t-il. Unicopa a surtout perdu de l’argent dans Entremont Alliance dont il est actionnaire minoritaire (36,5 % des parts) aux côtés de la CNP (groupe Albert Frère).
Le groupe coopératif ne donne aucun chiffre sur sa situation financière. Unicopa avait bouclé l’exercice 2007 avec un CA de 1,5 milliard d’euros et un résultat net très réduit (de 1,1 million d’euros). Il a depuis cédé à Gastronome sa branche volaille et ramené ses effectifs de 4100 à 3000 personnes, avec un CA légèrement supérieur à 1 milliard d’euros. Il reste à Unicopa trois activités d’amont pilotées par des coopératives actionnaires : Univol dans la production de volailles, Eolys dans la production de lait (700 millions de litres) et l’agrofourniture, et Pigalys en production porcine ; et les deux filiales industrielles dans lesquelles il détient encore la majorité du capital : Nutréa en alimentation du bétail (1,5 million de tonnes) et Brocéliande en charcuterie-salaisons (52 000 tonnes).
Révélateur de difficultés plus profondes
Unicopa insiste sur deux points. Un, le groupe va tout mettre en œuvre pour pérenniser l’ensemble de ses métiers ; deux, il écarte d’emblée toute fermeture de sites.
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En nutrition animale, la filiale spécialisée d’Unicopa, Nutréa, discute depuis plusieurs mois avec le groupe Le Gouessant (Lamballe, Côtes d’Armor), en vue d’une alliance. « Ce projet fait toujours l’objet de discussions » , dit Claude Sanglier. Mais voir Brocéliande perdre de l’argent en 2008 a été une surprise pour beaucoup. La société, qui dispose de trois sites de production, était jusqu’à présent « le phare d’Unicopa », explique Fortuné le Calvé, président de Pigalys.
« Les difficultés d’Unicopa constituent la partie émergée de l’iceberg,note pour sa part le président de Coop de France Ouest, Jean-Marie Gabillaud. C’est tout le secteur de l’élevage qui souffre actuellement. Et malheureusement, il n’est pas sûr que des restructurations suffiront. Il faut que les prix de vente remontent. » Jean-Marie Gabillaud appelle de ses vœux une solution capitalistique dans le Grand Ouest.