Abonné

Nutrition animale/Cession Unicopa partage avec Coopagri et Terrena le contrôle de Nutrea

- - 4 min

Confronté à des difficultés, le groupe coopératif breton Unicopa a décidé de partager le pilotage de son activité de nutrition animale Nutréa (1,4 million de tonnes d’aliments, 8 usines, 550 salariés) avec Coopagri Bretagne et Terrena. Après la cession de sa branche volailles l’an dernier, le processus d’éclatement d’Unicopa se poursuit en attendant la cession prochaine de Brocéliande et une issue autrement plus difficile sur l’avenir d’Entremont Alliance.

La solution trouvée pour assurer l’avenir de la branche nutrition animale d’Unicopa repose sur le partenariat et demeure à ce stade relativement complexe. Eolys, principale coopérative d’Unicopa entre dans un holding spécialement créé avec Coopagri Bretagne. Ce holding prend la majorité des parts dans Nutréa, auprès de partenaires minoritaires, le groupe Terrena (Pays de la Loire), CAM 56 et Pigalys, autres coopératives adhérentes d’Unicopa. Les partenaires s’engagent à reprendre la totalité de l’activité et de ses salariés. Unicopa qui a annoncé la nouvelle le 23 juin, ne précise pas si dans la nouvelle entité seront placées les activités de nutrition animale de Coopagri Bretagne, ou de Terrena ni quelle serait la valeur de leurs apports. Quant à la position d’Evialis, actionnaire à 34 % de Nutréa depuis sa création fin 2005, elle n’est pas encore connue.

Un poids lourd de 2,2 MT
Les milieux économiques connaissaient depuis plusieurs mois les intentions d’Unicopa (Morlaix, Finistère) : céder l’ensemble de ses activités industrielles – nutrition animale, charcuterie salaisons (société Brocéliande) – pour faire face à ses difficultés sur ces différents marchés. Le dossier Brocéliande pourrait être réglé rapidement, selon Unicopa qui ne souhaite pas en dire plus pour l’instant. L’alliance coopérative faite autour de Nutréa permet « la constitution d’un ensemble solide, compétitif, innovant et structuré pour faire face aux défis du marché », a commenté Unicopa. Elle a été choisie au détriment de l’offre conjointe qu’avait déposée le tandem Le Gouessant - CECAB.
Elle s’inscrit également dans la restructuration de la filière de l’alimentation animale en Bretagne. Unicopa, Eolys et Terrena représentent le quart de la production d’aliments en Bretagne, soit autour de 2,2 millions de tonnes. Ce rapprochement va accélérer l’optimisation des achats de matières premières et de la logistique et la mutualisation des investissements en R & D. Coopagri Bretagne et Unicopa vont dès cet été collecter leurs céréales en commun – 737 000 tonnes à deux l’an passé, une récolte record.
Beaucoup d’interrogations
Cependant, le directeur général d’Unicopa, Patrice Leloup ne donne aucun chiffre quant à d’éventuelles restructurations à venir du parc industriel, ni la nature et le montant des investissements qui seront engagés. On remarque aussi que Coopagri Bretagne pilote une usine d’aliments du bétail avec Even, et que cette dernière devrait, d’une manière ou d’une autre être intéressée par le nouvel ensemble. Ce premier dossier de restructuration réglé, il reste désormais à Unicopa à traiter deux autres chantiers.
Sa filiale de charcuterie-salaisons, Brocéliande (250 M EUR de CA, 1200 salariés) pourrait être cédée dans les prochaines semaines, a laissé entendre Patrice Leloup. Quant à Entremont Alliance dont le dossier est également au comité interministériel des restructurations industrielles (CIRI), et dans lequel Unicopa détient 33,5 % des parts, ce dossier est entre les mains des politiques et ne trouvera pas de solution avant la fin de l’année, selon Unicopa.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.