La réorganisation de l’activité industrielle du groupe coopératif Unicopa s’est poursuivie en 2003. Selon ses dirigeants, l’abandon de positions « sur des marchés de commodité sans marge », conjugué au lancement de nouveaux produits dans les quatre branches, portent déjà leurs fruits.
Si le chiffre d’affaires d’Unicopa a baissé de 3,8 % à 1,193 milliard d’euros, le résultat net est repassé au vert à + 2,4 millions d’euros après une perte de 3,2 millions en 2002. L’amélioration sensible des résultats du groupe breton provient « principalement (…) du redressement de plus de 7,3 millions d’euros du résultat d’exploitation », expliquent ses dirigeants. Unicopa aspire désormais à chercher la valeur plutôt qu’à augmenter les volumes. Dans son métier de la charcuterie-salaison (Brocéliande) qui représente 12,5 % du chiffre d’affaires, Unicopa a investi en 2003 dans son usine de Villers-Bocage. « Les capacités ont été augmentées en jambon libre-service de 20 000 à 25 000 tonnes, et toute l’activité coupe a été transférée sur l’autre site du groupe, à Bécherel, en Ille-et-Vilaine », commente le directeur général, Rémy Létienne. Et d’ajouter : « Nous n’étions présents que dans la coupe auparavant. Nous rejoignons désor-mais la répartition du marché, aux deux tiers libre-service ».
Partenariat dans le beurre
Les grands métiers du groupe finistérien, le lait (40,5 % des ventes avec 700 millions de litres collectés) et la volaille (25,5 %), n’ont pas plus été à la fête en 2003 qu’en 2002. A la différence près que le groupe a confirmé l’année dernière qu’il ne voulait plus seulement subir, mais passait à l’offensive en réorganisant en profondeur ses filières pour diversifier ses produits tout en massifiant son offre. Une cible principale : le « business to business ».
Quatre exemples : le département poudres, concentré dans Cofranlait, a été rattaché en 2003 directement au directeur général de la branche lait dans le but de rechercher le plus de synergies dans le fonctionnement et les marchés. L’usine de Doullens (Somme), reconstruite en 2003, a recommencé ses fabrications de mélanges à sec pour la nutrition infantile, les petits déjeuners et autres bases pour l’industrie agroalimentaire. Dans les fromages, les développements d’Unicopa en emmental pour le rayon libre-service ont nécessité un investissement de 2,5 millions d’euros sur le site de pré-emballé et produits services de Carhaix dans le Finistère.
Les deux derniers exemples illustrent la massification : Unicopa a élargi la zone de collecte qu’elle partage depuis plus de vingt ans avec Coopagri Bretagne. Le groupe a surtout décidé de mettre l’ensemble de ses activités beurrières dans une structure commune avec Entremont et Sodiaal qui pèsera 100 000 tonnes. Des quatre usines apportées par les trois nouveaux associés, deux seulement seront maintenues dans le dispositif industriel du nouvel ensemble début 2005 : Quimper et Clermont-Ferrand. Elles seront spécialisées la première en industrie et foodservice, la seconde vers les GMS.
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Restructuration dans la volaille
Dans le deuxième grand métier d’Unicopa, la volaille-chair, la restructuration industrielle engagée en 2003 se poursuit en 2004, toujours dans le but de spécialiser les sites en fonction des marchés grand export, élaboré, GMS et co-produit. Annoncé fin 2003, ce plan se traduit cette année par le rassemblement des activités de produits élaborés dans la société Vatélis – un site dans les Côtes d’Armor – mais aussi la diminution des emplois de la branche.
Même pour l’activité des poulets congelés pour le grand export, secteur extrêmement bataillé par la concurrence brésilienne, Unicopa innove en changeant de souche pour l’ensemble de sa production sous marque Sabco. Selon Daniel Sauvaget, directeur de la branche volaille, ce poulet « Rustinov » issu d’un coq industriel et d’une mère « label » « donne une viande de type certifiée », a-t-il expliqué. La qualité est la seule manière de justifier le différentiel prix avec la concurrence.
Quant au métier de la nutrition animale (21,5 % du CA et 1,3 million de tonnes), Unicopa l’a restructuré en 2003 avec la fermeture d’une usine à Vannes dans le Morbihan, pour maintenir sa compétitivité. En outre, le groupe explore une voie nouvelle dans la maîtrise des coûts, la traçabilité totale avec le programme I-Bis signé avec Schneider qui a pour but l’informatisation industrielle en réseau des sept usines en trois ans.
Le groupe finistérien aux 5200 salariés fait des mots « solidité et rentabilité » son leitmotiv. Mais il reste encore fragile, même si peu à peu les indicateurs financiers bougent dans le bon sens avec un cash flow augmenté de 20,3 à 26,8 millions d’euros et un désen-dettement de 14 millions.