Le groupe coopératif finistérien Unicopa a rendu public le 16 décembre le projet de réorganisation de sa branche volailles qui prévoit la spécialisation de ses quatre grandes usines et des mouvements de personnels entre sites qui se solderont, au final, par la suppression de 55 emplois.
Ce plan doit être soumis aux comités d’entreprise concernés avant d’entrer en vigueur. Aussi Unicopa utilise-t-il le conditionnel pour décrire un projet qui « intègre les deux principales évolutions du marché : la baisse de la consommation des produits carnés crus et la forte progression de la consommation des produits élaborés ». Il s’inscrit également dans la réorganisation de la branche en trois pôles distincts sur le plan commercial : frais, élaboré et congelé.
L’activité en poulets frais (entiers, découpés et gammes saisonnières) « serait regroupée sur le site de Languidic » dans le Morbihan, ce qui « permettrait d’accroître la compétitivité de la branche » Socavi (entre 75 et 80 000 tonnes). L’activité de produits élaborés (Vatelis, 7500 tonnes actuellement) serait rassemblée « sur un site moderne et dédié », à Saint-Nicolas du Pélem dans les Côtes d’Armor, qui verrait partir vers Languidic son activité d’abattage et découpe de poulets. Enfin le métier historique du groupe, le congelé (Tilly-Sabco, 65 à 70 000 tonnes) « verra ses activités consolidées », assure Unicopa.
Un plan « audacieux »
Le groupe, qui a traité en 2002 au total 155 000 tonnes de viandes, estime que ce plan est « audacieux sur le plan industriel (et) performant économiquement ». L’enjeu ? « Développer et pérenniser les activités de la branche volailles dans un contexte fortement concurrentiel » qui a placé Unicopa, ces deux dernières années, dans une spirale déficitaire. Représentant pas moins du quart de son chiffre d’affaires consolidé (1,241 milliard d’euros en 2002) et un peu moins de la moitié de ses effectifs (2475 des 5315 salariés), ce pôle d'activité a représenté l’année dernière l’essentiel de ses pertes (3,2 millions d'euros).
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2003 devrait être de la même veine que 2002, laisse entendre le directeur de la branche volailles, Daniel Sauvaget. Pour que réussisse ce plan de restructuration, le second en quatre ans – Unicopa avait fermé en 2000 une de ses deux usines de poulets congelés –, le groupe devra investir de l’ordre de 7 à 8 millions d’euros à Languidic comme à Saint-Nicolas du Pélem.
Sur ce point, Unicopa estime qu’il devrait pouvoir bénéficier des aides contenues dans le « volet aval » du plan d’adaptation des industries avicoles du ministère de l’Agriculture. « Notre projet en produits crus est en gros inférieur de 30 % à nos capacités actuelles », a expliqué Daniel Sauvaget.
Aussi ambitieux soit-il, la mise en œuvre de ce projet industriel qui ne saurait intervenir « avant la fin du premier semestre 2004 pour le frais et la fin 2004 en congelé », a souligné le dirigeant, devrait rencontrer de fortes résistances des salariés. Car la direction leur demande de réels efforts de formation et de grands mouvements de personnels entre sites parfois distants de 100 kilomètres.