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Multi-Spécialiste/Nutrition Unilever allège ses recettes

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Unilever dévoile sa stratégie nutrition avec la mise en place de son « programme d’optimisation nutritionnelle », un long processus débuté en 2003. Objectif : réduire les taux de sucre, de sel, d’acides gras trans et d’acides gras saturés dans toutes les recettes des produits du groupe, afin de respecter les recommandations de l’OMS et de la FAO. Ainsi, en France, de février à septembre prochain, Lipton Ice Tea, Amora, Fruit d’Or, Planta Fin, Knorr et Lipton thé porteront le logo « Choix et Nutrition », expliquant au consommateur la démarche du groupe. Unilever a décidé de ne pas être le propriétaire de cette technologie qui est gérée par une fondation indépendante aux Pays-Bas. Tout industriel peut donc rejoindre le programme s’il le souhaite. Campina, Friesland Foods, Aviko ou Laurus l’ont d’ores et déjà adopté.

Unilever semble l’un des derniers à présenter sa démarche nutrition sur la planète agroalimentaire. Pourtant, il n’a pas chômé. Depuis 2003, le groupe a lancé ce qu’il appelle son « programme d’optimisation nutritionnelle », initié aux Pays-Bas, pays où se trouve son centre de recherche et développement. Ce programme a consisté à réduire les taux de sucre, de sel et de matières grasses de ses 16 000 recettes afin de respecter les seuils recommandés par l’OMS et par la FAO. « Nous avons une véritable responsabilité en tant que l’un des leaders de l’industrie alimentaire de proposer des produits nutritionnellement optimisés », précise Sophie Jayet, directrice de la communication d’Unilever France. Ainsi, entre 2005 et 2006, le groupe a enlevé 15 000 tonnes d’acides gras trans, 10 000 tonnes d’acides gras saturés, 10 000 tonnes de sucre et 2 000 tonnes de sodium, dans environ 50% de ses références mondiales. « Dans certains cas spécifiques, nous avons été obligés d’adapter les recommandations de l’OMS pour conserver le goût de nos produits, notamment pour les soupes, les fromages, ou bien encore les sauces », précise Jan Westrate, directeur R&D d’Unilever Europe. Afin de ne pas perturber les consommateurs, Unilever a commencé depuis quelques années ce long et progressif processus d’amélioration des teneurs. Par exemple, en France, où le groupe possède 30 marques, les soupes Knorr ont vu leur teneur en sel diminuée de 13% en cinq ans.

Une méthode scientifique non brevetée

Unilever a donc mis au point une méthodologie scientifique pour déterminer la teneur de ces quatre nutriments (sodium, sucre, acides gras saturés et acides gras trans), qui consommés en trop grande quantité quotidiennement peuvent être potentiellement nuisibles à la santé, selon l’OMS. « Approuvée par les experts de la communauté scientifique internationale », la méthode mise au point par le groupe a fait l’objet d’une publication en novembre 2006 dans la revue European Journal of Clinical Nutrition. Unilever a préféré rendre publique sa démarche scientifique et ne l’a donc pas brevetée. Elle est gérée par une fondation indépendante située aux Pays-Bas, composée d’experts scientifiques, dont le but est de s’assurer de sa bonne utilisation. « A terme, l’objectif est de créer une fondation à vocation mondiale à l’image de celle des Pays-Bas, précise Jan Westrate, sous la tutelle de laquelle les industriels pourraient exploiter cette démarche scientifique ». Tout industriel pouvant rejoindre le programme d’optimisation nutritionnelle, Campina, Friesland Foods, Aviko ou Laurus se sont d’ores et déjà montrés intéressés.

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« choix et nutrition »

Pour expliquer aux consommateurs sa démarche scientifique, Unilever va apposer sur les packagings de ses produits respectant les seuils de l’OMS le logo « choix et nutrition ». Ainsi de février à septembre prochain, ce sont près de 300 produits des marques Lipton Ice Tea, Amora, Fruit d’Or, Planta Fin et Knorr qui porteront progressivement le logo sur le facing de leur emballages, un texte explicatif se situant sur le dos. Quant aux glaces, elles vont progressivement passer au crible de la démarche scientifique, même si très peu des références du groupe respecteront les seuils – seulement 7% – , et porteront le logo « Choix et Nutrition » à partir de 2008, en même temps que ses produits Food Solutions. Un plan de communication est évidemment prévu pour soutenir ces changements de recettes, dont l’envoi à un million d’exemplaires de la lettre d’information d’Unilever « Pour tout vous dire ». Si les recettes s’allégent, le prix de vente consommateur, lui, ne sera pas impacté.

un milliard d’euros pour la r&d

Si le montant global de l’opération est « difficilement» chiffrable, Jan Westrate a laissé entendre qu’il était l’un des plus gros budgets du groupe. Chaque année, Unilever consacre un milliard d’euros pour ses activités de recherche et développement. Ce sont dans le monde 500 personnes qui sont employées par les centres situés aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Chine et en Inde. 70% des activités de recherche et développement sont consacrés à l’amélioration des produits et des process « afin d’augmenter la vitalité des consommateurs ».