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Elevage Urgence et solutions à long terme pour l’élevage européen

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Une aide d’urgence pour le secteur de l’élevage mis à mal par la sécheresse en Europe du nord est réclamée par les organisations agricoles de l’UE et au Parlement européen. Mais ce secteur, déjà fragilisé par la flambée des prix de l’alimentation animale, connaît aussi des problèmes plus structurels. Pour tenter de trouver des solutions à long terme, un groupe de travail réunissant représentants des Etats membres et des professionnels va être convoqué par la Commission européenne dans le but de soumettre des propositions pour l’élevage bovin qui pourraient ensuite être intégrées dans le projet de réforme de la Pac.

Au-delà du versement anticipé, au 15 octobre prochain, de la prime à la vache allaitante (à concurrence de 80 %) et des paiements directs (50 %) que Bruxelles devrait autoriser dans les Etats membres qui en font la demande (1), les organisations agricoles de l’UE réunies au sein du Copa-Cogeca demandent une aide d’urgence pour l’élevage, afin d’aider ce secteur confronté à la sécheresse. « Il est également nécessaire d’examiner des mesures supplémentaires pour faire face au problème de la disponibilité en fourrages séchés », selon le Copa-Cogeca, qui précise que cela « inclut les zones de récolte mises en jachère et les zones d’enherbement ».
De leur côté, deux députés socialistes du Parlement européen, Stéphane Le Foll (France) et Marc Tarabella (Belgique), ont déposé une question écrite à la Commission de Bruxelles, lui demandant de « créer un fonds d’urgence alimenté par les marges du budget 2011, pour venir en aide à l’achat d’aliments auprès des éleveurs ». Ils « exigent que la Commission prenne rapidement des mesures concrètes afin que les agriculteurs puissent faire face aux conséquences désastreuses de cette sécheresse ».

Groupe de travail sur le secteur bovin

Dacian Ciolos a annoncé le 29 mai, en marge d’une réunion informelle des ministres de l’agriculture de l’UE à Debrecen, en Hongrie, qu’il comptait « réunir autour de la table représentants des organisations professionnelles et des Etats européens pour discuter de mesures spécifiques qu’on peut prendre en compte » pour le secteur bovin. Un secteur aujourd’hui confronté aux conséquences de la sécheresse en Europe du Nord après avoir subi la flambée des prix de l’alimentation animale.
Ce groupe de travail – dont la création est d’ailleurs réclamée par onze Etats membres (Belgique, Grèce, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Pays-Bas, Autriche, Pologne, Portugal) – « pourrait être mis en œuvre assez rapidement de telle sorte que d’ici fin juin, on puisse avoir des conclusions et des propositions » qui seraient discutées en juillet par les Vingt-sept et pourraient ensuite être incorporées dans le projet la réforme de la Pac que la Commission de Bruxelles compte présenter en octobre, a précisé le commissaire à l’agriculture.

Un problème de marges

« Le marché de la viande se porte bien. Le problème est que le coût du fourrage n’est pas répercuté sur le prix au consommateur », a estimé M. Ciolos, constatant que « l’UE ne dispose actuellement pas d’instruments efficaces pour intervenir sur le marché dans ce cas-là ». Selon lui, « il faudrait, à l’avenir, améliorer les instruments à notre disposition pour prendre en compte les marges des producteurs » lorsque sont déclenchés les mécanismes de crise.
Insistant sur « la situation particulièrement difficile de la filière viande bovine » dans l’UE, les onze Etats membres considèrent, dans une lettre commune adressée à la Commission de Bruxelles, que le groupe de travail dont ils demandent la création doit avoir pour but « d’examiner les différents enjeux du maintien de cette production en Europe, d’identifier les menaces et les freins auxquels elle est ou sera soumise dans un futur proche, et les outils qui pourraient être mobilisés au niveau communautaire pour la préserver et la renforcer ».
Ils redoutent par ailleurs que les éventuelles concessions commerciales à venir à l’OMC et dans les négociations de libre-échange avec les pays du Mercosur ne mettent ce secteur en danger.

(1) Voir n° 3302 du 23/05/11

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