Selon la FNSEA, la campagne de vaccination publique contre la maladie hémorragique épizootique (MHE) viserait uniquement à empêcher son extension. Frappés par la MHE depuis un an, les éleveurs des Pyrénées n’auraient pas accès au vaccin gratuit.
Alors que Marc Fesneau a annoncé une commande publique de deux millions de doses de vaccin contre la maladie hémorragique épizootique (MHE), la liste des départements concernés par cette vaccination volontaire était attendue au Bulletin officiel le 12 septembre, a appris Agra Presse de source syndicale. À l’heure où ces lignes sont écrites, le texte n’était pas encore paru ; contacté par Agra Presse, le ministère n’avait pas répondu. D’après Laurent Saint-Affre, membre du bureau de la FNSEA, « la DGAL a décidé, sur préconisation de l’Anses, de vacciner dans un bandeau autour de la zone régulée, afin d’empêcher l’extension de la maladie », qui touche surtout les bovins.
« Du point de vue scientifique, la position est entendable », reconnaît l’élu de la FNSEA. « Mais les pouvoirs publics n’ont pas le droit d’abandonner les éleveurs déjà touchés par la MHE. Nous demandons à l’État de commander plus de doses pour inciter le laboratoire [CZ Vaccines] à produire. » D’après lui, « 500 000 doses sont disponibles sur le marché libre » (à la charge des éleveurs), en plus des deux millions réservés à la campagne publique. « Il semblerait que le laboratoire puisse produire trois millions de doses supplémentaires d’ici la fin de l’année », espère-t-il. À titre de comparaison, la France compte plus de 16 millions de bovins (dont presque 7 millions de vaches allaitantes et de vaches laitières), et il faut deux doses pour protéger un animal.
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Les panneaux à l’envers de retour dans le Tarn
En l’état des discussions, la vaccination publique se limiterait donc à une zone qui irait de la Normandie à la Côte d’Azur, en passant par la Bourgogne. Ce qui exclurait le Sud-Ouest, pourtant durement touché par la MHE depuis septembre 2023. Une décision « injuste et inéquitable » aux yeux de Nicolas Rieunau, secrétaire général des JA du Tarn. Avec la FDSEA, son syndicat a mené une action le 11 septembre au soir pour réclamer « le déblocage immédiat de doses de vaccin ».
« Nous sommes livrés à nous-mêmes, c’est irresponsable », déplore cet éleveur bovin, qui fait état de 200 foyers de MHE et de FCO dans le département. « Certains éleveurs ne vont pas se relever », craint-il, observant que « la colère et le ras-le-bol montent de plus en plus ». Les syndicalistes ont retourné les panneaux d’entrée des quatre principales villes du Tarn. Une manière de rappeler que c’est dans ce département qu’est né le mouvement de colère de l’hiver 2023-2024. À l’époque, l’une des revendications portait sur les indemnisations des pertes dues à la MHE.