Le ministre de l’Agriculture, Hervé Gaymard, se dit « très heureux » d’avoir conservé son maroquin, comme il l’avait du reste demandé, assure-t-il, au président de la République et au Premier ministre, dans le souci de poursuivre sa mission. Aucun doute que son nouveau secrétaire d’Etat, Nicolas Forissier, se réjouit lui aussi de ses attributions – les industries alimentaires pourraient en faire partie –, car, n’a-t-il pas affirmé, lors de sa première sortie officielle, au congrès de la FNSEA, qu’il sait qu’il se fera « engueuler», et aime bien ça. Masochiste ? Que non. En dépit de leurs mutations, engagées, l’agriculture et l’agroalimentaire demeurent des valeurs sûres dans un monde où plus grand chose ne l’est. Les financiers et investisseurs ne s’y trompent plus, qui continuent d’y investir à tour de bras. Dernières opérations en date d’une longue série : la reprise par Electra Partners à BNP Paribas (déjà) de l’intéressante société Diana Ingrédients, ou à l’étranger, des jus de fruits de Procter & Gamble par un fonds de LBO, déjà détenteur de NutraSweet. Mais qui dit valeur sûre ne dit pas gains assurés à tout prix. Butler réussira-t-il la remise sur les rails de France Champignon, sans trop de casse ? Les « Lustucru riz » en colère après l’annonce de la fermeture de leur usine d’Arles montrent du doigt les actionnaires financiers, installés « dans les hautes sphères ». Or dans l’agriculture et l’agroalimentaire, le terrain prime. Peut-être convient-il d’y descendre plus souvent.
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