Abonné

Pôle de compétitivité Valorial dénonce l’interdiction de communiquer sur l’innovation nutritionnelle

- - 3 min

Le pôle de compétitivité Valorial, spécialisé dans la recherche-développement (R&D) agroalimentaire dans le Grand Ouest, dénonce l’interdiction de communiquer sur l’innovation nutritionnelle, qui laisse à la pharmacie la part du lion de la communication à caractère nutritionnel, au détriment de l’agroalimentaire, et finalement de la notoriété des produits de l’agriculture.

 

Pierre Weill, président du pôle de compétitivité Valorial depuis avril, a dénoncé l’interdiction de communiquer sur l’innovation nutritionnelle, lors d’une conférence de presse le 27 novembre à Rennes. La mise en place du nouveau règlement européen sur la communication nutritionnel « rend désormais quasiment impossible toute communication à caractère nutritionnelle sur les produits alimentaires de base ». Résultat : la transformation agroalimentaire peut moins différencier ses produits, et donc moins bien valoriser les produits de l’agriculture.

Plus de banalisation

« Moins de différenciation (des produits), c’est plus de banalisation, une banalisation qui est le terreau de la perte de valeur de nos produits », a-t-il souligné. « Cette vision pharmaco-réglementaire, qui préempte les aspects santé pour la seule pharmacie, rompt avec la sage vision d’une nutrition-santé qui remonte au moins jusqu’à Hippocrate », lequel avait comme credo : « De l’alimentation, tu feras ta première médecine ». Or, dans sa feuille de route, Valorial compte « débanaliser » les produits de ses adhérents (notamment entreprises agroalimentaires) pour générer de la valeur ajoutée et des emplois. Déjà, Valorial a contribué au financement d’une recherche qui vise à réduire l’obésité. Une étude clinique a permis de valider l’efficacité du régime d’alimentation Bleu-Blanc-Cœur grâce à l’alimentation du bétail avec des graines de lin, riches en omégas 3. Sous le bras de fer nutritionnel, c’est tout un modèle alimentaire, donc agricole, qui est en jeu. C’est en l’occurrence un modèle agricole alternatif au soja qui se dessine dans le Grand Ouest.
De même, le pôle a contribué au financement d’une innovation améliorant le procédé de cuisson des choux-fleurs, pour qu’ils conservent leur vitamine C, et les haricots verts, pour qu’ils préservent leur vitamine B9.
Il faudra faire, selon Pierre Weill, la distinction entre « l’innovation utile » et « l’innovation futile ».

Une preuve que l’agroalimentaire sait innover

Depuis sa naissance en 2006, Valorial a labellisé 252 projets d’innovation, dont 85 ont été présentés aux appels à projets de l’Agence nationale de la recherche et dont 28 ont été retenus par cette dernière.
Le président du pôle, ainsi que son directeur Jean-Luc Perrot, ont voulu montrer que « contrairement à un préjugé », l’industrie agroalimentaire sait innover autant que les autres secteurs, voire davantage. Ils ont cité le dernier rapport d’évaluation des 71 pôles de compétitivité français, qui couvre la période 2008-2011, qui indique que 3 748 projets d’innovation labellisés ont donné lieu à 2 500 innovations, dont 428 proviennent du secteur agroalimentaire, 374 dans les technologies de l’information, 343 dans le secteur de l’énergie, 333 dans celui de la mécanique et des matériaux. C’est une réponse aux critiques adressées par les gouvernements successifs au secteur agroalimentaire, qui d’après eux investit une moindre part de son chiffre d’affaires dans la R&D que les autres secteurs industriels.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

recherche
Suivi
Suivre
Innovation
Suivi
Suivre