Propriété du groupe Bongrain depuis 1984, Valrhona vient d’inaugurer un second site de production pour désengorger ses ateliers du centre de Tain l’Hermitage. D’une capacité de 10 000 tonnes, cette nouvelle usine fabriquera dans un premier temps 5 000 tonnes de chocolat portant la production totale de l’entreprise à 8 000 tonnes. La société a ainsi investi 10 millions d’euros pour répondre à une demande mondiale de chocolat haut de gamme en croissance. Fine fleur du chocolat français, Valrhona réalise déjà 54% de son activité à travers 55 pays.
Pour soutenir sa croissance, Valrhona dope sa production. La chocolaterie drômoise vient d’investir 10 millions d’euros pour faire sortir de terre une usine de 4 800 mètres carrés. Inauguré en février , ce nouvel outil produit 5 000 tonnes de chocolat. Et avec une capacité de 10 000 tonnes, l’investissement donne à Valrhona les moyens de répondre durablement à une demande internationale dynamique. Mais pour l’instant, « il s’agit surtout de désengorger notre site historique, coincé entre la route nationale et le Rhône » et situé en plein centre ville de Tain l’Hermitage, indique Franck Vidal, directeur commercial. Sa production, de 6 500 tonnes jusqu’alors, va donc être diminuée, pour que les volumes de la société atteignent un total de près de 8 000 tonnes.
54% du chiffre d’affaires à l’export
Créée en 1922 sous le nom « Chocolaterie du Vivarais », Valrhona s’est bâti au fil de ses créations chocolatières une notoriété internationale. Pour exemple, c’est de ses ateliers que sort le premier chocolat amer à 70 % de cacao, le Guanaja, en 1986. Du chocolat haut de gamme, comme ses 4 000 références, commercialisées auprès de professionnels, artisans ou restaurateurs. Pour les amateurs grand public, « nos tablettes sont aussi présentes sur le circuit duty free et dans les grandes épiceries du monde entier », précise Franck Vidal. Grâce notamment à ses 4 filiales commerciales réparties à Barcelone, Hong Kong, Milan ou encore Los Angeles, Valrhona réalise ainsi 54% de ses facturations à travers 55 pays, principalement en Amérique du Nord ainsi qu’en Asie. Et en France comme à l’international, la chocolaterie poursuit sa croissance, même si « les marchés étrangers sont plus dynamiques », selon le dirigeant. « A l’image de l’alimentaire en général, les chocolats qui marchent sont positionnés sur l’achat économique ou haut de gamme !», explique-t-il.
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Sécuriser les appros
Même si Valrhona « ne revendique pas son côté français à tout crin, nos produits représentent tout de même le bon goût français dans le monde », confie Franck Vidal. La stratégie d’entreprise est donc claire : goût et qualité. 160 salariés sont formés à l’analyse sensorielle de la production, contrôlée chaque semaine. La société s’attache également à mettre en œuvre une politique d’approvisionnement propre. « Pour obtenir un goût particulier, il faut travailler du cacao particulier», souligne Franck Vidal. Fort de cet adage, Valrhona recherche sur le globe les fèves de cacao les plus subtiles dans un « travail de sourcing permanent » et entend se passer au maximum d’intermédiaires. « Pour sécuriser nos approvisionnements de cacao en termes de qualité et de quantité, nous avons le plus possible signé sur place des contrats à long terme directement avec les planteurs », explique Franck Vidal. Des accords noués à Madagascar, Saint Domingue ou encore Trinidad.
Une filiale de Bongrain
Cette stratégie d’achat, initiée par les différents propriétaires de la société, a pris toute son ampleur avec l’arrivée du groupe Bongrain au sein de son actionnariat. Après de nombreuses années aux mains d’un actionnariat familial, Valrhona est en effet passé au début des années 80 entre les mains de financiers anglo-saxons, qui n’auraient pas réussi à « faire marcher l’entreprise ». La reprise de 100% de son capital par Bongrain en 1984 « a donné une nouvelle jeunesse à la société », selon Franck Vidal. La chocolaterie a depuis développé une « cacaothèque » qui archive ses expertises, a créé « l’Ecole du Grand Chocolat », centre de formation destiné aux professionnels de la gastronomie… et a pris le goût du secret, cher à Bongrain : son chiffre d’affaires reste confidentiel. Il avoisinerait les 75 millions d’euros.