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Vin Vendange en hausse, mais à peine suffisante pour regarnir les stocks

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La vendange 2014 est en hausse par rapport à celle des deux années précédentes, mais à peine suffisante pour regarnir les stocks, a indiqué FranceAgriMer le 16 octobre, à l'issue de son conseil spécialisé viticole. Non seulement les stocks sont bas, mais aussi la vendange est moins élevée qu'annoncé.

LA vendange 2014 suffira à approvisionner le marché, mais sans excédents. Les professionnels espéraient durant l'été une production sensiblement supérieure à celle de l'an dernier. Il s'avère depuis ces dernières semaines qu'elle ne sera pas au niveau attendu, a signalé FranceAgriMer le 16 octobre, à l'issue de son conseil spécialisé viticole.

La vendange en hausse, mais moins qu'annoncé

La vendange 2014 est en hausse par rapport à celle des deux années précédentes, mais moins élevée qu'annoncé par le service statistique du ministère de l'Agriculture (SSP). Prévue à 46,5 millions d'hectolitres (Mhl) par le SSP sur la base de statistiques collectées avant la vendange, elle serait inférieure de près d'un million et demi d'hectolitres à ce montant. Elle pourrait n'atteindre que 45 Mhl seulement, a rapporté Anne Haller, déléguée de la filière viticole à FranceAgriMer. Ce décrochage par rapport à ce qui était annoncé s'explique notamment par le fait que les vignobles bordelais et champenois affichent des vendanges moins élevées qu'estimé il y a un mois, et que le Languedoc-Roussillon aura une petite récolte en raison des multiples intempéries (printemps sec, gros orages de grêle de l'été).

S'il se confirme que la vendange est plus près de 45 Mhl que de 46,5, cela signifiera que la récolte de ce millésime sera, une fois de plus, au-dessous de la moyenne quinquennale : celle-ci se situe à 45,6 Mhl. La production française de vins était de 42,4 Mhl en 2013, de 42,5 Mhl un an plus tôt et de 50,9 Mhl en 2011.

Les stocks au plus bas

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Au 10 octobre, les stocks à la propriété s'élevaient à 27,3 Mhl, contre 30,4 l'an dernier à pareille époque, soit une érosion de 10%, a précisé Philippe Janvier, chargé d'études économiques à FranceAgriMer. La moyenne quinquennale est de 33 Mhl.

Les stocks au stade du commerce de vins tranquilles sont évalués à 11,1 Mhl, contre 13,2 l'an dernier, soit un affaissement de 15%. Ce niveau de 11,1 Mhl est le plus bas depuis 2008/2009, où il était de 13,4 Mhl. Les stocks au stade du commerce de vins mousseux sont quant à eux estimés à 6,8 Mhl, contre 7,5 Mhl, soit un repli de 8%.

Les stocks vont être d'autant plus sollicités que la vendange européenne est plus basse que l'an dernier. La concurrence étant moins pesante, la demande aura tendance à s'exacerber. La vendange européenne s'établirait à 168 Mhl, d'après le comité de gestion viticole du 2 octobre, contre 181 en 2013 et une moyenne quinquennale de 167 Mhl. Cela en raison d'une chute de la production espagnole par rapport au record de l'an dernier (43 Mhl contre 52 et une moyenne quinquennale de 41 Mhl), a précisé Philippe Janvier.

L'enveloppe viticole française consommée intégralement

L'enveloppe viticole française destinée aux actions ciblées de la filière vin (investissement, restructuration du vignoble, promotion du vin dans les pays tiers) a été consommée intégralement au 15 octobre, a annoncé Jérôme Despey, le président du conseil spécialisé viticole de FranceAgriMer. « Grâce à l'accélération des contrôles des paiements par les agents de FranceAgri-Mer et à la mobilisation des professionnels, la totalité de l'enveloppe de 280,5 millions d'euros a été décaissée à la date fatidique du 15 octobre. Ainsi, la France n'aura pas à renvoyer à Bruxelles des sommes qui auraient été inutilisées, comme nous l'avons craint cet été », a-t-il commenté. Cette accélération est notamment le fait du volet « restructuration du vignoble ». « La moitié des sommes de l'enveloppe de l'exercice a été payée entre le 1er septembre et le 15 octobre, soit 145 millions d'euros. Vendredi 10, nous n'étions pas sûrs de pouvoir tout verser en temps et en heure », a précisé Anne Haller le 16 octobre au point presse de FranceAgriMer. Le conseil spécialisé viticole de FranceAgriMer, qui s'est réuni le 15 octobre, a jeté des pistes de simplification pour éviter chaque été le suspens de l'enveloppe non consommée en totalité. Parmi ces pistes, un avancement des dates de dépôt des dossiers est envisagé. Jusque-là, les entreprises ont quatre mois pour déposer leurs dossiers, de janvier à fin avril. Du coup, les services de FranceAgriMer ne peuvent commencer à les instruire qu'à partir du 1er mai. Le projet est d'ouvrir une période d'ouverture de dépôt des dossiers en janvier et février, avec possibilité de compléter ou de redéposer en mars. Ce nouveau calendrier permettrait de commencer plus tôt le travail d'instruction, tout en laissant aux entreprises la possibilité de fournir des compléments à leurs dossiers.