La lecture des propositions législatives pour la prochaine Pac que le commissaire européen Phil Hogan devait présenter le 1er juin laisse surtout l’impression que Bruxelles cherche à se défausser. La seule vraie nouveauté de ces textes, c’est en effet la délégation aux États membres de la mise en œuvre de cette politique. Comme si la Commission voulait, en laissant à chacun d’eux un maximum de marges, leur faire avaler les baisses des crédits agricoles qu’elle préconise pour la période 2021-2027, qui sont en réalité beaucoup plus fortes que ce qu’elle annonce. Sur le plan économique, les conséquences pourraient être désastreuses. Chute du revenu moyen des exploitants « de 16 à 20 % », risque de transformer le marché intérieur en « champ de bataille », « bureaucratisation » : telle est l’analyse très noire confiée à Agra par Luc Vernet, du think tank Farm Europe. Une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule. Voilà que Donald Trump déclare la guerre commerciale, avec ses taxes sur l’acier et l’aluminium européens qui appellent des rétorsions de l’UE, ces grandes manœuvres ayant systématiquement des effets néfastes sur l’économie mondiale. Voilà aussi que se profile un compromis sur le libre-échange entre l’Union et le Mercosur dont plusieurs secteurs agricoles sensibles feront les frais. La question n’est pas de s’opposer à une meilleure utilisation de l’argent public ou au développement du commerce international. Le problème, c’est le télescopage entre ces évènements et le renoncement de Bruxelles.
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