Accusés et pointés du doigt dans les médias, les producteurs de pommes, fiers de leurs pratiques, ont décidé de prendre la parole. L’ANPP prépare un plan de communication de grande ampleur pour 2018.
Après avoir souvent communiqué « en réaction », pour répondre aux attaques des ONG et/ou des « émissions télévisées à charge », les producteurs de pommes de l’Association nationale pommes poires (ANPP) ont décidé de prendre les devants et de montrer aux consommateurs qu’ils n’ont pas à avoir peur de s’empoisonner en mangeant des pommes. En 2018, l’ANPP compte bien poursuivre dans cette voie et mise sur un plan de communication ambitieux. Elle l’a présenté à ses adhérents le 6 décembre.
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L’ANPP compte, en 2018, augmenter encore la notoriété du label « vergers écoresponsables ». Pour ce faire, elle promeut l’identification de fruits en rayon dans les supermarchés et a planifié deux campagnes télévisées. La première a démarré en novembre, avec le parrainage de l’émission Télématin sur France télévision. La seconde aura lieu en janvier, avec la diffusion de petits spots de parrainage de l’émission L’Amour est dans le pré sur M6. Une démarche que salue le directeur de l’interprofession des fruits et légumes, Louis Orenga. Interfel suit d’ailleurs le même mouvement à travers le partenariat mis en place avec le programme court E = M6 pour montrer les bienfaits des fruits et légumes frais et vanter la production française.
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L’ANPP souhaite par ailleurs faire de ses producteurs de véritables porte-parole qui s’expriment eux-mêmes dans les médias. En 2017, 15 producteurs ayant participé à l’opération « vergers ouverts » ont bénéficié de formation en media training. Des producteurs sont également allés sur les plateaux de télévision pour parler de cette opération « vergers ouverts » et même, une productrice, Lise Timmerman, a participé à un débat face à un membre de Greenpeace dans l’émission de France 5 La Quotidienne. L’exercice a été salutaire car la représentante de Greenpeace a reconnu les qualités environnementales de la démarche « Vergers écoresponsables ». « Pour s’adresser aux consommateurs, il faut se baser sur des exemples précis », explique Lise Timmerman. « Moi j’ai parlé des mésanges dans les vergers, de la confusion sexuelle pour lutter contre le carpocapse ».
Rétablir l’équilibre
Le discours est d’autant mieux perçu s’il est incarné. Et qui mieux qu’un producteur pour parler de son travail en étant crédible ? Même si les producteurs de pommes savent qu’il y aura toujours des gens obtus et réfractaires au discours positif, ils souhaitent rétablir un équilibre dans la parole médiatique. « Avant, il y avait 100 discours négatifs pour 0 discours positif. Aujourd’hui, on est à 100 contre 20 ou 30. Le but est d’arriver à égalité, ou même de prendre le dessus », explique Louis Orenga. Mais il reste encore du chemin à faire pour que la parole des producteurs soit aussi bien accueillie que celle des détracteurs de l’agriculture, car pour faire le buzz, les discours anxiogènes sont bien plus efficaces que les discours positifs.
« Pour s’adresser aux consommateurs, il faut se baser sur des exemples précis » et il faut incarner le discours