Faire baisser de 5% le prix des grandes marques ?
Si c’était là l’objectif de la réforme de la loi Galland, il est manqué. Et même en patientant encore … Pressé de faire un bilan de « sa » réforme, Renaud Dutreil met en avant la baisse – infime – apparue en mai (-0,09% par rapport à mai 2005), une première, il est vrai, depuis dix ans. Et le ministre du commerce de reconnaître que « les prix des produits de marques peuvent continuer de baisser raisonnablement » car il reste d’importantes accumulations de marges arrière à basculer vers l’avant.
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L’ennui, c’est que l’autre but de la loi Dutreil c’était le rééquilibrage des relations industrie-commerce et l’assainissement des pratiques : or, selon la DGCCRF, « la pression des distributeurs sur les fournisseurs n’a pas baissé, au contraire : les marges arrière ont augmenté de 3%. Les exigences de paiement pour services distincts se sont développées sans clauses précises ».
Renaud Dutreil ne pavoise donc qu’à moitié : « Globalement, dit-il, les acteurs appliquent la réforme et n’ont pas le sentiment qu’elle ne correspond pas à un intérêt général ». Mais il subsiste un « déséquilibre » concernant les pénalités dans les contrats signés entre les distributeurs et les fournisseurs, et ce au détriment des seconds : « des pénalités de retard de plus en plus grandes imposées à la charge des fournisseurs tandis que le distributeur lui-même s’impose peu de sommes à payer en cas de manquement à ses obligations ». La DGCCRF a du pain sur la planche … Et la Commission d’examen des pratiques commerciales également, car le ministre lui confiera le rapport d’étape prévu fin 2007 pour préparer un éventuelle modification de la loi instaurant le « triple net ».