Plusieurs verrous idéologiques sont en train de sauter et offrent peut-être de meilleures perspectives au secteur agroalimentaire. Signe qu’on a changé d’époque, du moins en France, par rapport aux années où l’on ne savait que décrier l’alimentation dès lors qu’elle était devenue « industrielle ». Et cela remonte plus loin que la crise de la vache folle. On n’aurait alors pas cru possible le consensus que vient de dégager le CNA en nourrissant la boîte à idées nécessaire pour élaborer la future politique de l’alimentation que le gouvernement inscrit en tête de la LMA. La demande avait beau venir du ministre Bruno Le Maire, le rapport qui aidera à donner un contenu concret à cette nouvelle politique publique pour trois ans a quand même nécessité de rallier aussi bien le ministère de la Santé que celui chargé de la Consommation, et de composer entre les attentes des producteurs, des industriels, des distributeurs et aussi des consommateurs. En soi, c’est une performance en pays gaulois, mais c’est sans doute la vertu d’une instance consultative qui a déjà une longue pratique derrière elle. Cela ne fera pas disparaître d’un coup toutes les appréhensions, toutes les divergences sur le terrain, mais c’est déjà quelque chose que de leur faire dire à tous que l’alimentation n’est pas qu’affaire de nutriments et de dose prescrite, et que ses enjeux économiques ne peuvent être sacrifiés à ceux, assurément importants, de la santé ou de l’environnement.
Ce nouveau regard sur l’alimentation devrait déjà permettre aux industriels de moins se sentir montrés du doigt et de redorer leur image s’il en est besoin. Va-t-il pour autant guider les choix publics qui se font, en réalité, bien plus à Bruxelles qu’à Paris ? C’est évidemment moins sûr comme l’illustre l’interminable débat européen sur l’étiquetage.

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