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Biomasse Vers des partenariats franco-néerlandais ?

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Malgré des territoires et des filières aux profils fort différents, la France et les Pays-Bas auraient intérêt à travailler ensemble sur la valorisation de la biomasse. Un certain nombre d’acteurs publics et privés des deux pays l’ont affirmé lors d’un séminaire organisé le 12 juin à l’ambassade des Pays-Bas à Paris.

Travailler ensemble ? L’envie est visiblement partagée. « Echanger entre nos deux pays, ça serait très utile », déclare Roel Bol, le directeur du département du commerce et de l’industrie au ministère de l’Agriculture néerlandais. « Des relations avec les Pays-Bas ? On est très preneurs, car aucun programme structuré n’existe » actuellement, répond Bernard Mary, le président du pôle de compétitivité Industries et Agro-ressources (IAR).

Si les sujets de coopération peuvent être multiples (chimie, énergie, matériaux), les logiques suivies par les deux pays reposent toutefois sur des réalités économiques et politiques différentes. C’est le cas pour les cultures destinées à la production de biocarburants dont le développement n’est pas une priorité pour La Haye.

Certification

Aux Pays-Bas, le débat politique a en effet décidé depuis les années 90 que l’avenir n’était pas dans la production de cultures énergétiques « car la surface agricole est trop chère (…) et le prix de revient trop élevé », explique Roel Bol. « On ne veut pas inciter les agriculteurs » à se lancer dans ce type de cultures, ajoute-t-il. Faudra-t-il trouver les biocarburants ailleurs ? Pourquoi pas ? Fidèles à leur culture commerçante, les Néerlandais estiment qu’ « il y a des possibilités » en matière d’importation, tout en insistant sur la nécessité de développer des systèmes de certification pour une production durable des biocarburants.

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La tâche sera rude, a répondu en substance Claude Roy, le coordinateur interministériel pour la valorisation de la biomasse. De fait, la définition de critères de durabilité au niveau de l’UE fait actuellement l’objet de négocations compliquées. Que dire lorsqu’il faudra les porter à l’OMC ? Pour Claude Roy, il faudra un jour définir des critères de durablité pour la production alimentaire et, à terme, pour le pétrole et le gaz.

Au-delà du dossier biocarburants, les Néerlandais misent essentiellement en matière de biomasse-énergie sur la valorisation des résidus agricoles et des déchets de l’industrie agro-alimentaire en biogaz. Invité à présenter le pôle de compétitivité IAR, Bernard Mary, n’a pas caché pour sa part que le nombre de chercheurs travaillant sur les agro-ressources était insuffisant face aux potentiels de développement. « On a besoin de connections et de partenariat scientifiques », a-t-il lancé. Le président du pôle IAR en a profité pour indiquer que le lancement des travaux de l’unité pilote de production d’éthanol de 2 e génération (projet Futurol), sur le site de Pomacle, interviendrait « au début de l’été ». « On a huit années de recherche, de mise au point du pilote et de réalisation d’un prototype avant la phase industrielle », a-t-il expliqué. La société chargée de gérer le projet sera créée « d’ici une semaine ».