Au cours des journées d’automne de la bio qui se sont tenues les 9 et 10 décembre à Vichy (Allier), la Fnab a avancé sa réflexion sur le projet de création d’une marque privée nationale pour garantir aux consommateurs le standard de qualité actuel. En effet, le réglement bio européen va vers un assouplissement des modes de production.
Sur ces deux jours de travail, le second était consacré au projet d’un identifiant permettant de distinguer l’agriculture biologique française de celle relevant du nouveau réglement européen qui entrera en application au premier janvier 2009. Ce nouveau réglement est globalement moins exigeant que le précédent (à titre d’exemple, il n’interdit pas l’utilisation de produits chimiques de synthèse) et pourrait décrédibiliser l’agriculture biologique auprès des consommateurs français, habitués à un standard plus élevé de qualité. D’où l’idée de créer une marque privée nationale maintenant le standard actuel, en collaboration avec des organismes et entreprises nationales qui pourraient porter une campagne d’information auprès du grand public, via les magasins par exemple. En effet, les Etats membres ne pourront plus avoir des cahiers de charges nationaux avec des exigences supérieures à celles de l’Europe. Les acteurs économiques n’ont d’autre possibilité que la création d’une marque privée.
La collaboration autour d’une marque pourrait même dépasser les frontières car des entreprises sont intéressées en Belgique, Allemagne, Royaume-Uni, précise la Fnab.
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« Nous voulons marquer vis-à-vis des consommateurs notre action en faveur de l’environnement, de la santé, de la durabilité. Nous voulons reprendre la règlementation européenne, y ajouter les points supplémentaires des cahiers des charges français et des normes spécifiques pour rester au plus près du zéro OGM », explique Henri Thépaut, président de la Fnab.
Quelle place pour la Fnab ?
Le premier jour était plus spécifiquement consacré à l’examen des atouts de la bio en matière de biodiversité et d’environnement, avec une étude des systèmes les plus intéressants sur ces points. Un atelier prospectif s’interrogeait également sur les formes de coopérations à développer avec les partenaires agricoles pour être plus efficient. Il est ressorti des discussions qu’il était important d’ouvrir les partenariats à de nouveaux acteurs, tels que les consommateurs et les environnementalistes. Un quatrième atelier concernait les conversions et l’installation avec une interrogation sur la place de la Fnab et de son réseau, acteurs historiques, dans une nouvelle configuration où le développement de l’agriculture biologique a été confié aux Chambres d’agriculture. La Fnab regrette que les moyens ne soient pas attribués en fonction des compétences et craint que l’objectif de 6% des surfaces bio en 2012 soit difficile à atteindre.