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Produits laitiers > Vers l’uniformisation des laits de conserve

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Le Comité spécial agricole a transmis au Conseil, le 16 février, un avis favorable à la standardisation des protéines du lait de conserve. Il reste opposé à ce procédé pour les laits de consommation.

La dernière réunion du Comité spécial Agriculture (CSA) à Bruxelles, le 16 février, mettra un peu de baume au cœur des laitiers. Elle marque une étape importante vers la reconnaissance par l’Europe de l’intérêt de la standardisation des protéines du lait pour les laits de conserve, dans la limite du respect des normes du Codex alimentarius (34 %). Ce dossier va être transmis au Conseil pour qu’il autorise la Commission à légiférer dans ce sens. La standardisation permet de niveler le niveau de protéines dans le lait qui varie suivant les productions. Comme cela ce fait pour les matières grasses du lait.

« Bonne nouvelle »

« C’est une bonne nouvelle», se félicite Luc Morelon, porte-parole du groupe Lactalis. « Cela va permettre de régulariser une situation anormale de concurrence qui donne l’avantage à la Nouvelle-Zélande et l’Australie qui pratiquent la standardisation sur les marchés mondiaux », précise-t-il. En revanche, les professionnels français qui, depuis de nombreuses années, revendiquent le droit de standardiser le taux de protéines pour le lait de consommation seront déçus : les experts des Quinze estiment qu’elle risque de nuire à l’image « naturelle » du produit et entraîner des effets négatifs pour sa consommation. Le CSA, experts britanniques en tête, craint surtout l’explosion des excédents de protéines de lait et son impact sur le budget de l’Union européenne.

120 000 tonnes

Car, selon les prévisions de la Commission de Bruxelles, l’impact de la standardisation de seules protéines du lait de conserve sur les excédents de lait serait déjà considérable. Il est évalué à 120 000 tonnes par l’exécutif européen sur la base des chiffres de l’année 2002. Données auxquelles il faut ajouter les excédents supplémentaires liés à l’élargissement compris entre 15 et 20 000 tonnes.

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Pourtant, les experts de l’industrie laitière déplorent que le niveau de protéines du lait français varie considérablement d’une région à l’autre et d’une saison à l’autre. Ce taux évoluerait dans une fourchette comprise entre 30 grammes par litre et 35 grammes par litre. Entre 75 et 80 % de ces protéines sont présentes sous forme de caséine. Des protéines solubles ou sériques composent le restant qui se trouve dans le lactosérum. La standardisation permettrait d’uniformiser le lait, de mieux maîtriser la qualité (et aussi les coûts).

Elargissement

La teneur en protéines est un élément important de fixation du prix du lait. Pour cette raison notamment, les professionnels ont pratiqué pendant des années la standardisation avec l’aval des pouvoirs publics, souligne le porte-parole de Lactalis. Et ce, jusqu’en 1997, moment où le procédé a été clairement interdit par l’Europe.

Depuis, la filière a mis en place des moyens de contrôles stricts afin que la standardisation ne soit plus pratiquée dans l’Hexagone. « Nous sommes à l’aise avec ce sujet », revendique un professionnel du secteur. En revanche, si les choses sont claires en France, certains craignent une concurrence déloyale en provenance des nouveaux pays européens issus de l’élargissement qui ne seraient pas aussi transparents.