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UE/Crise laitière Vers un Conseil agricole extraordinaire pour tenter de trouver une solution

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La crise laitière européenne a fait l’objet d’un échange de vues entre les membres de la commission de l’agriculture du Parlement européen et de la commissaire à l’agriculture Mariann Fischer-Boel. Si pour la commissaire libérale l’origine du problème continue de résider dans la faiblesse de la demande, les interventions des députés ont surtout porté sur la nécessité de réduire les quotas laitiers et de réguler le marché laitier. Une réunion extraordinaire du Conseil des ministres de l’agriculture est prévue le 7 septembre à Bruxelles pour débattre des propositions de juillet de la Commission européenne sur le même sujet.

A ceux qui, au sein de la commission de l’agriculture du Parlement européen, pensent que le système des quotas laitiers peut constituer un instrument de garantie de l’avenir du secteur, la commissaire européenne à l’agriculture Mariann Fischer-Boel répond que l’avenir à long terme du système est très clair : « les quotas vont disparaître en 2015, conformément à la réforme décidée par les 27 » en 2003. Mieux, souligne-t-elle, les « chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont confirmé en 2009 que c’est le bon chemin à suivre ». Selon elle, une « planification centrale » du système des quotas laitiers ne constitue pas la bonne recette à long terme mais au contraire un système inefficace qui accroitrait les coûts de production et découragerait les jeunes agriculteurs de rejoindre le secteur. Idem pour ceux qui, pour le court et moyen terme, préconisent de réduire les quotas: « Ce n’est pas une solution car en agissant ainsi on enverrait un message de confusion aux agriculteurs alors que ceux-ci ont besoin au contraire de visibilité », estime la commissaire. Quant à la proposition formulée par le Parlement européen visant à créer un « fonds laitier » pour la restructuration du secteur, la commissaire pose la question : « Et d’où viendrait l’argent nécessaire ? Du premier pilier peut-être ? » Il ne faut pas rêver, estime-t-elle : « Le projet de budget 2010 ne laisse qu’une marge très limitée et on ne peut pas raisonnablement espérer de fonds supplémentaires ». Selon elle, il faut plus compter sur les sommes déjà prévues par le Bilan de santé du secteur agricole et le paquet « Relance économique » qui prévoient de libérer jusqu’à 4,2 milliards d’euros pour faire face aux nouveaux défis y compris la restructuration du secteur laitier. « Ça c’est de l’argent réel que nous avons déjà budgétisé », a-t-elle souligné. Elle a ajouté que pour les années 2009 et 2010 les crédits supplémentaires pour financer les restitutions à l’exportation et les opérations à l’intervention se monteront à 1 milliard d’euros (dont 400 millions en 2009 et 600 en 2010). « C’est un peu plus que de l’argent de poche », a-t-elle ironisé.

Quelques « signaux positifs » sur le marché mondial
A ceux des parlementaires qui estiment que le problème vient d’une offre trop importante de lait sur le marché, la commissaire pense au contraire que le problème central est que la crise économique globale a fortement déstabilise la demande et, regrette-t-elle, « c’est un problème que malheureusement à elle-seule elle ne peut pas résoudre ». Cependant elle a fait état de quelques lueurs d’espoir. Selon elle, « les marchés spot se stabiliseraient à l’heure actuelle » et il y aurait « quelques signaux positifs lancés par le marché mondial » comme par exemple l’augmentation des prix du lait écrémé en poudre. « J’espère que cela pourra être contagieux pour le reste des produits laitiers », a indiqué Fischer-Boel. Interrogée sur la récente proposition du gouvernement italien de mettre sur pied un « fonds communautaire pour le stockage privé du fromage » et pour la relance des exportations des fromages vers les pays tiers, la commissaire a exprimé un avis positif en estimant qu’il est nécessaire de relancer la demande, notamment, dit-elle « en encourageant l’augmentation de la consommation de lait dans les écoles et en finançant des campagnes de promotion des produits laitiers ».
La commissaire a abordé par ailleurs un autre problème de taille, celui des relations entre les producteurs laitiers et le reste de la chaîne alimentaire. Elle regrette de constater « qu’alors que les prix à la production ont plongé en dessous des niveaux-record de 2007, les prix à la consommation sont au contraire toujours 14 % plus élevés qu’ils ne l’étaient à cette époque ». Elle a donc promis un rapport sur la question d’ici la fin de 2009.

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