A défaut d’apporter des aides concrètes aux agriculteurs pénalisés par la hausse du prix de l’énergie, le ministre de l’Agriculture Michel Barnier a annoncé sa volonté de lancer un diagnostic énergétique dans 100 000 exploitations sur les 5 prochaines années. Le plan de financement est à construire.
La table ronde « énergie et agriculture » organisée le 9 juin au ministère de l’Agriculture n’a débouché sur aucune nouvelle annonce concrète en faveur des agriculteurs. Réunissant la presse à l’issue des deux heures de réunion, Michel Barnier a toutefois indiqué que Total, EDF-GDF et les professionnels des engrais avaient donné « une réponse de principe favorable » à une participation financière pour la réalisation de diagnostics énergétiques dans 100 000 exploitations agricoles sur les 5 prochaines années. « Je ne peux pas vous dire qui paiera quoi », a ajouté le ministre, indiquant qu’il formaliserait par courrier sa demande aux industriels dans les prochains jours, le budget global de l’opération « diagnostic » étant évalué à 100 millions d’euros. Le ministre a ajouté qu’il allait saisir la Commission européenne d’une demande de « solidarité européenne » sur ce dossier énergétique et qu’il placerait celui-ci « au cœur du débat du bilan de santé » de la Pac. Par ailleurs, deux groupes de travail sur les économies d’énergie et la production d’énergie renouvelable devront remettre des propositions d’ici « début septembre ». Une « attention particulière » sera portée à la production maraîchère sous serre. Michel Barnier a en outre indiqué qu’il était en attente d’une réponse de Bruxelles sur une demande de paiement au 16 octobre (c’est-à-dire avec un mois et demi d’avance) de 216 millions d’euros de primes animales (PMTVA, prime à la brebis, prime à l’abattage).
Mécontentement syndical
« Le gouvernement doit prendre des mesures d’urgence pour les serristes. C’est obligatoire » d’ici fin juin, a réagi Jean-Michel Lemétayer à la sortie de la table ronde qui réunissait le 9 juin au ministère de l’Agriculture l’ensemble des protagonistes du dossier énergie. Le président de la FNSEA estime que la constitution des trois groupes de travail est « une bonne chose ». Il regrettait toutefois à l’issue de cette réunion que les pétroliers « n’aient pas donné d’engagement clair » sur leur éventuelle participation financière à la mise en place de l’audit des 100 000 exploitations. Il appelait les agriculteurs à rester mobilisés. Philippe Meurs, président des JA (Jeunes agriculteurs), plus positif, indiquait que le groupe Total « avait dit oui dans le couloir ». Le président des JA espérait que, lors du congrès des JA, les 11 et 12 juin, le ministre Michel Barnier annoncerait « des mesures concrètes » comme une « prime à la cuve des agriculteurs » ou une sorte de « prime structurelle pour diminuer la dépendance énergétique des exploitations ». Il n’en a rien été.
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Egalement conviés à la table ronde du 9 juin, les syndicats minoritaires avaient quant à eux rapidement fait part de leur déception. « Je n’attendais pas grand-chose, je repars avec rien », lâche François Lucas, président de la Coordination rurale. Quant à la Confédération paysanne, elle s’inquiète notamment du travers qui consiste à faire « des paysans des producteurs d’énergie ».