Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a annoncé au Space le 15 septembre la présentation d’ici deux semaines d’un plan en faveur de toutes les productions. Le ministère précise que ce plan consistera en une garantie publique conçue pour aider les agriculteurs à se refinancer à des taux favorables. Une demande de la FNSEA depuis plusieurs semaines.
Lors de son arrivée au Space le 15 septembre, Stéphane Le Foll a annoncé la présentation la semaine suivante d’un plan pour l’ensemble des filières et en particulier les céréales. « Un plan sera présenté pour l’ensemble des productions, en particulier les productions céréalières, car je n’oublie pas les difficultés des céréaliers », a-t-il affirmé avant une rencontre avec les responsables agricoles. Le ministère indique être en train de calibrer des mesures de garanties publiques pour aider à refinancer les exploitations en difficulté, avec également les banques et la Banque publique d’investissement (BPI) pour que « chacun joue son rôle ». Le thème du refinancement des exploitations est porté depuis plusieurs semaines par la FNSEA, qui demande une caution de l’État pour permettre aux agriculteurs de refinancer leurs exploitations et de profiter de la faiblesse actuelle des taux d’intérêt.
La FNSEA ne veut plus de cellules d’urgences
Son président Xavier Beulin est d’ailleurs revenu sur ce dossier lors d’une conférence de presse au Space, expliquant qu’il souhaitait « un refinancement, mais pas sous forme d’aides directes ». Il a fait part de son souhait de rencontrer le Premier ministre Manuel Valls sur ce sujet, afin de lui demander un arbitrage sur ce dossier. « J’ai fait une demande de rencontre avec le Premier ministre car, vu l’étendue des pertes et la complexité des dossiers, il doit faire appel au ministre de l’Agriculture mais aussi à Bercy. C’est du ressort du Premier ministre de pouvoir arbitrer un certain nombre de demandes », a-t-il expliqué.
La FNSEA ne souhaite pas reproduire le schéma du plan de soutien à l’élevage de 2015, basé sur un traitement de chaque dossier par des « cellules départementales », et des aides publiques individualisées. Ce schéma paraît inadapté à la FNSEA au vu du nombre d’agriculteurs concernés, et elle lui préfère une mesure collective ; si le plan de 2015 concernait essentiellement la filière porcine (quelques milliers d’agriculteurs), le plan qui sera annoncé dans deux semaines pourrait s'étendre à des filières beaucoup plus importantes en effectif : plusieurs dizaines d’agriculteurs spécialisés dans chacune des filières céréalière et laitière.
La Confédération paysanne présente son « plan d’urgence »
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Le même jour, la Confédération paysanne a également présenté son plan d’urgence, sous la forme d'« un ensemble de mesures qui peuvent être mises en place très rapidement pour soutenir chaque foyer et chaque ferme touchée par la crise » agricole. Ces propositions s’articulent autour de deux axes, selon Laurent Pinatel, porte-parole du syndicat : « Faire bouillir la marmite » et « faire tourner la ferme ». Il s’agit de protéger les familles des exploitations en difficulté et de préserver « l’outil de production afin qu’il soit encore là quand il devra se remettre à produire », explique Laurent Pinatel. À chaque mesure un financement est assuré. Ce plan pourrait être rendu accessible aux « paysans ayant obtenu un minima social, en phase de conciliation ou en cours de procédures collectives, dont le taux d’endettement court terme est élevé ou dont la trésorerie a fortement baissé ». Ce plan devrait être présenté à Stéphane Le Foll le mardi 20 septembre par le syndicat.
La FNPL présente sa propre initiative pour refinancer les exploitations
La FNPL a présenté le 15 septembre au Space sa propre initiative pour refinancer les exploitations grâce à un partenariat avec la Société de garantie des entreprises laitères agricoles (Sogal-Socamuel) et la Société interprofessionnelle artisanale de garantie d’investissements (Siagi). La FNPL avait commencé à réfléchir avec ces deux organismes à un fonds mutuel pour garantir les prêts d’investissement et de trésorerie des éleveurs laitiers en 2012 avant la fin des quotas laitiers. Mais depuis, la « problématique de crise nous a conduits à faire évoluer le produit vers la capacité de refinancement » des prêts des exploitations dans un contexte de baisse des taux d’intérêt, a expliqué André Bonnard, le secrétaire général de la FNPL, lors d’un point presse. La garantie de 50 % apportée par la Sogal-Socamuel et la Siagi « change tout », selon M. Bonnard. Pour le refinancement d’un prêt de 500 000 euros obtenu au taux de 5 %, « même en payant le coût de la garantie, le gain est de l’ordre de 40 000 euros sur les huit ans qui restent à rembourser », assure-t-il.