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Biocarburants de deuxième génération Vers une coopération de recherche entre la France et les États-Unis

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La France et les États-Unis vont coopérer en matière de recherche sur les biocarburants de deuxième génération, a indiqué Thierry Stadler, directeur général du pôle de compétitivité Industrie et Agro-Ressources (IAR). Il s’exprimait le 2 février devant un parterre de professionnels des agro-ressources et de chimistes, lors d’une rencontre organisée par l’hebdomadaire économique « l’Usine Nouvelle ».

La France et les États-Unis vont coopérer dans le domaine de la recherche sur les biocarburants de deuxième génération, et l’initiative vient des États-Unis, a indiqué Thierry Stadler, directeur général du pôle IAR.
Le pôle de compétitivité de Picardie et Champagne-Ardenne a reçu il y a quelques semaines une lettre de mission de Christine Lagarde et du ministre de l’Agriculture pour identifier des axes de collaboration possibles, a relaté Thierry Stadler.

L’ensemble des filières françaises de biocarburants concernées
« Ce sont les États-Unis qui sont demandeurs, à travers leur département de l’Énergie », a-t-il précisé. Les États-Unis semblent en effet particulièrement intéressés par la compétence française dans le domaine de l’acide succinique (1), révélatrice de la maîtrise de la technologie des fermentations. Après deux réunions d’experts en janvier et une prévue à la mi-mars, le pôle IAR devra rédiger une proposition de collaboration au gouvernement français. Les partenaires français de ce projet de collaboration sont l’Association de la chimie du végétal (ACDV), l’Ademe (Agence de l’environnemnt et de la maîtrise de l’énergie), l’établissement financier des oléo-protéagineux Sofiprotéol, Procéthol 2G (consortium qui réalise le programme Futurol, d’éthanol enzymatique), l’Inra, le CNRS et l’Institut français du pétrole. Du côté américain, les partenaires sont l’USDA (département de l’Agriculture) et le DOE (département de l’Énergie).
Thierry Stadler a par ailleurs exposé la politique de soutiens publics à la recherche sur les biocarburants aux États-Unis. « Les États-Unis font des efforts considérables dans le domaine de la recherche et de la relance industrielle du secteur des biocarburants, avec de nouveaux budgets ». Les États-Unis ont, dès 2001, rédigé une feuille de route des biocarburants, qui sert de colonne vertébrale à la politique menée depuis près d’une décennie. Outre cette voie tracée et l’expansion très rapide des usines d’éthanol, l’administration américaine a dégagé en 2008 jusqu’en 2013 une enveloppe de six milliards de dollars de garantie d’emprunt pour les énergies renouvelables « avec des projets très innovants pour les biocarburants ».
Ce budget comprend 480 millions de dollars utilisables jusqu’en 2013 pour les bioraffineries intégrées à la production de biocarburants de seconde génération. Dans ce budget de 480 millions, les pilotes sont financés jusqu’à 80% et les projets de démonstration (un stade plus avancé sur le plan industriel) sont financés jusqu’à 50%. Des financements sont prévus aussi pour les investissements industriels comme celui de l’éthanolier espagnol Abengoa, implanté outre-Atlantique.

(1) L’acide succinique un produit de base pour la chimie, qui sert à tout une palette d’utilisations, comme les solvants, les plastifiants, les liquides antigels, les polyesters, et quantité d’autres produits.

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