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Vers une coopération renforcée entre l’Inra et le Cnes

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Le Cnes (Centre national d’études spatiales) et l’Inra ont signé le 22 juillet une convention-cadre renforçant leur coopération au service de toutes les informations utiles sur les cultures et l’environnement, provenant des satellites. Derrière cette coopération, se profile le développement des bilans « carbone » du sol à partir de l’information des satellites

Jean-Yves Le Gall, président du Cnes (Centre national d’études spatiales), et Philippe Mauguin, p.-d.g. de l’Inra, ont signé le 22 juillet une convention-cadre de coopération pour l’utilisation des satellites dans les domaines de l’agriculture et de l’environnement. Cette convention inaugure une collaboration approfondie entre les deux organismes de recherche, dans le domaine des NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) au service de l’agronomie.

La collaboration entre les deux centres de recherche déjà rôdée

Les deux entités collaborent « depuis de nombreuses années » dans différents domaines de recherche impliquant l’usage des satellites. C’est par exemple le cas avec des missions spatiales comme la mission franco-israélienne Vénus, nom d’un satellite lancé en 2017 conjointement par l’agence spatiale européenne et l’agence spatiale israélienne pour mesurer l’évolution de la végétation. Dans leurs travaux communs, le rôle du Cnes est de collecter les images et le rôle de l’Inra est de les interpréter, par exemple de déduire les besoins en eau des plantes ou le taux de parasitisme sur les cultures, à partir des symptômes (couleurs, aspect) que renvoient les images.

Le Cnes et l’Inra ont décidé d’organiser de façon plus systématique leur collaboration, en définissant des objectifs et dressant un programme d’actions à mener, mais sans contrainte pesante, précise Thierry Caquet, directeur scientifique « environnement » de l’Inra.

Une nouvelle attente : la mesure du carbone du sol

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De futures coopérations sont prévues, dans le cadre du pôle de données Theia, commun au Cnes, à l’Inra et au Cirad (Centre international de recherche agronomique pour le développement) : observations de la croissance des plantes, leurs besoins en eau, les prévisions de récoltes, la mesure des effets du changement climatique sur les agrosystèmes, et aussi la thématique de la gestion durable des sols, les écosystèmes forestiers, la biodiversité et l’évaluation des volumes d’eau terrestre (lacs et rivières).

Derrière la coopération renforcée entre le Cnes et l’Inra, se profile le développement des bilans « carbone » du sol à partir de l’information des satellites. Une véritable attente d’informations est prévisible de la part de coopératives, mais aussi beaucoup de l’UE et de la France (par exemple le ministère de l’Agriculture et FranceAgriMer), en vue de la rémunération du stockage du carbone par les cultures et les forêts. « C’est encore au stade de la R&D (recherche et développement) au centre Inra de Toulouse, mais on se rapproche des opérations en vraie grandeur ».

La remontée des problématiques du terrain

Enfin, dans la nouvelle collaboration entre le Cnes et l’Inra, est en train de se dessiner une méthode « bottom-up » (du bas vers le haut), autrement dit un flux d’informations montant des scientifiques de l’agronomie pour aller vers les scientifiques du spatial. « Notre façon de travailler, à Toulouse, consiste aussi à faire remonter les problématiques du terrain, après l’identification d’un besoin prioritaire, à nos collègues de l’imagerie spatiale ». Un signe éloquent de cet échange « bottom-up » est le fait que l’Inra sera le chef de file de la prochaine mission spatiale, Trichna, à partir d’un satellite franco-indien. La mission infrarouge thermique Trishna est principalement dédiée à l’estimation du stress hydrique des cultures. Le lancement du satellite devrait avoir lieu en 2023.

Sur le bilan carbone, les divers acteurs sont avides d'informations