Le groupe Agrica, spécialiste de la retraite complémentaire, a organisé un colloque intitulé « Nouveau monde, nouvel avenir » le 19 juin à Paris. Un monde complexe émerge avec la multiplication des canaux d'information. Plutôt que d'analyser le passé, les intervenants ont décidé de se pencher sur les modèles d'avenir.
« Le modèle économique français est improbable : il est fondé sur une place centralisée de l'Etat. Nous sommes la seule société soviétique qui ait réussi et n'ait pas totalement implosé », lance, un brin impertinent, l'économiste Philippe Chalmin à l'assemblée du colloque Agrica « nouveau monde, nouvel avenir ». Et pourtant « le monde a changé », selon l'économiste Pierre Sabatier. « Il existe de plus en plus d'expertise mais nous sommes incapables de comprendre ce qui se passe à côté de nous. Les gens se sentent perdus car ils ne savent plus comment traiter la masse d'informations », explique-t-il.
Le philosophe, Olivier Pourriol, pense que les données « data » seront le prochain « or noir ». Philippe Cahen, créateur conseil en prospective, admet que le monde d'aujourd'hui reste tourné vers « la protection de la ville » et qu'il est possible de produire beaucoup « dans les zones consommatrices ». Il prend en exemple les fermes verticales construites à Singapour et produisant trois millions de têtes de salades. « L'agriculture urbaine n'est pas polluante, soutient-il, on contrôle les intrants, on sait faire des cultures hydroponiques … »
« Repenser le monde »
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
L'économique Augustin Landier va plus loin en proposant deux « grands forces » économiques : la globalisation et la dématérialisation. Il l'explique ainsi : « Essayer de remonter la pente après la crise pour revenir au monde d'avant, c'est très dangereux. Cela retarde l'adaptation à l'économie dématérialisée. L'Etat a clairement un rôle à jouer dans la production de la connaissance, notamment l'éducation. » Pour lui, le capital humain et le savoir-faire font partie des premières valeurs de l'entreprise. Le spécialiste du secteur numérique, Gilles Babinet, défend un modèle qui laisse « les inventeurs innover » et arrêter de « tuer les prises d'initiatives ». « La dématérialisation pose beaucoup de questions, désormais le capital matériel est une toute petite partie de l'entreprise. Est-ce que la propriété intellectuelle va continuer de perdurer ? », s'interroge-t-il.
Le psychiatre Eric Albert insiste sur « la verticalité de la relation » dans un monde qui se numérise de plus en plus : « Les acteurs (de l'entreprise) répondent beaucoup plus à la motivation intrinsèque, c'est-à-dire à l'envie de faire les choses. Nous allons vers un modèle collaboratif. Un modèle basé sur la participation des acteurs avec beaucoup plus de souplesse que dans l'entreprise actuelle basée sur la performance individuelle. » Il fait remarquer qu'en France, le goût du partenariat est « extrêmement développé », ce qui entraîne des prises d'initiative, des innovations, etc. Gilles Babinet reste optimiste : « Nous avons un pays avec un bon niveau de formation, un patrimoine, des idées. Nous avons une nation capable de repenser le monde ! »