Le ministère de l'Agriculture prévoit une nouvelle baisse de production (-3,1% de têtes) pour la filière porcine en 2014, après une baisse de 1,1% en 2013. Pour le président du Marché du porc breton (MPB), 2013 est une année à oublier. Malgré des cours du porc soutenus, les prix de l'aliment avaient grimpé au niveau jamais atteint de 300 euros la tonne.
EN 2013, la production porcine française a reculé de 1,1% à 24,2 millions de têtes, selon l'enquête Cheptel 2013 du service de statistiques du ministère de l'Agriculture (Agreste) parue le 23 avril. En Europe, les abattages ont été presque stables (-0,4%). Ils ont augmenté légèrement en Allemagne (+0,7%) et plus fortement en Italie (+ 3,4%) et se sont réduits dans les autres principaux États membres, notamment aux Pays-Bas (-4%).
En berne, la production porcine française revient peu à peu à son niveau de 1999, 21,3 millions de porcs, et s'éloigne de son niveau record de l'an 2000 à 27 millions de porcs. Elle devrait à nouveau baisser en 2014, de 3,1%, selon les prévisions du ministère de l'Agriculture. « Nous faisons face à un problème de compétitivité », a analysé le président de l'Interprofession du porc (Inaporc) Guillaume Roué, lors de l'assemblée générale du Marché du porc breton (MPB), le 24 avril à Ploufragan (22). En trois ans, la production française a perdu près de 30 000 porcs par semaine, constatent les producteurs bretons.
2013, année à oublier« Le marché du porc change d'ère. Il faut oublier le cycle du porc, nous sommes passés à un marché d'opportunités », a déclaré le président du Marché du porc breton (MPB), Daniel Picart. En 2013, le prix de base moyen du marché au cadran de Plérin a été supérieur d'un centime à celui de 2012, à 1,464 euro le kilo. Depuis deux ans, le cours moyen du porc se rapproche même des années fastes de la période 1982-1992. Pourtant le président du MPB a parlé de 2013 comme d'une « année supplémentaire à oublier ». En effet, en parallèle, le cout de production du porc a atteint des sommets. Le prix de la tonne d'aliment estimé par l'Institut du porc (Ifip) a dépassé pour la première fois le cap des 300 euros début 2013. En fin d'année, elle n'est redescendue qu'à environs 250 euros la tonne, soit le niveau le plus haut de la période 2007-2008.
LA production porcine allemande prend plusieurs directions, a expliqué Matthias Kohlmüller, du Germany Pigmeat Market, l'équivalent du Marché du porc breton (MPB) en Allemagne : « Deux tiers des porcs abattus proviennent maintenant de Basse Saxe et de Rhénanie du Nord. C'est là que se sont concentrés les outils d'abattage, c'est là que se fait le business. Dans le Sud, les exploitations, souvent familiales, sont de moins en moins nombreuses, car elles sont non-compétitives. À l'Est, nous observons un gros développement de la production de porcelets sous l'effet d'investisseurs hollandais. » En Espagne, la moitié des animaux se situent dans le nord-est du pays, dans les régions de Catalogne et d'Aragon. « La Catalogne ne peut plus augmenter la densité d'exploitation. Après la crise des porcelets en 2009, la Castille s'est reconvertie dans le porc charcutier et continue d'augmenter sa production. »
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Depuis le début de l'année, les cours du MPB ont été marqués par l'embargo russe déclaré le 29 janvier sur la viande de porc. Le président du MPB a de nouveau reproché à la Commission européenne de n'avoir pas laissé la France négocier directement avec la Russie la levée de l'embargo. « Le prix du porc aurait pu être à 1,5 euro depuis un mois », regrette Daniel Picart. Sous la barre des 1,3 euro le kilo jusqu'à la mi-mars, les cours bretons sont remontés jusqu'à 1,536 euro le kilo le 22 avril, grâce à une production en recul dans toute l'Europe.
En effet, la production porcine européenne devrait se replier de 1% en 2014, « dans un environnement marqué par des coûts de production élevés », analyse le ministère de l'Agriculture. Seuls les Pays-Bas et le Danemark affichent des prévisions de production en hausse. Les plus importantes diminutions sont prévues en Italie et surtout en Pologne.
L'après-Gad« Il aura fallu un 11-septembre dans l'abattage pour que les politiques prennent conscience du problème », regrette le président du MPB, Daniel Picart. La fermeture de l'abattoir finistérien du groupe Gad en octobre a marqué l'année 2013. L'outil pesait pour 9,8% des porcs commercialisés au marché au cadran. Sa fermeture pourrait poser problème à cette structure dont le prix fait référence pour le marché français. En 2013, 61% des porcs vendus au marché au cadran provenaient du Finistère, et seulement 34% y étaient abattus. « Cela pose un problème d'équilibre à notre structure », estime le président du MPB.