Le 2 février, six ministres (Transition écologique, Santé, Économie, Travail, Agriculture et Recherche) ont annoncé la construction d’une nouvelle stratégie sur les perturbateurs endocriniens (SNPE). L’objectif est de l’adopter « d’ici la fin de l’été 2018 ».
Le 2 février, six ministres (Transition écologique, Santé, Économie, Travail, Agriculture et Recherche) ont salué la publication d’un rapport d’évaluation de la Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE), initiée en 2014. Ce rapport doit servir de base à « la construction de la nouvelle stratégie », selon un communiqué.
Des lacunes nombreuses
Le rapport d’évaluation de la SNPE initiale conclut sur « une stratégie pertinente et opportune ». Néanmoins, les lacunes sont nombreuses : « Les résultats positifs restent le plus souvent à amplifier. » Ainsi, les experts du CGAAER, du CGEDD et de l’IGAS pointent un « manque de financement » sur les programmes de recherche. Sur ce point, les pouvoirs publics soulignent avoir augmenté de deux millions d’euros en 2018 les moyens alloués à l’Anses sur la recherche sur les perturbateurs endocriniens (PE).
Par ailleurs, la mission déplore que les méthodes pour évaluer le caractère perturbateur endocrinien des substances soient « extrêmement limitées ». En outre, la surveillance de la présence de PE dans l’environnement est « quasi inexistante » pour les sols et « très en retard » pour l’air comparée à la surveillance de l’eau. Autre point : le soutien public prévu pour accompagner les démarches industrielles de substitution de substance à effet PE « ne s’est pas concrétisé ».
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Une proposition en cinq axes
Dans le rapport d’évaluation, les experts du CGAAER, du CGEDD et de l’IGAS proposent de structurer la future stratégie en cinq axes : « développer la recherche », « renforcer la surveillance sanitaire et environnementale », « caractériser les dangers », « gérer les risques » et « former, sensibiliser et informer ». La mission conditionne la réussite de la future SNPE notamment à la mobilisation des territoires ou encore à la mise à disposition d’indicateurs pour l’évaluation des PE. Enfin, elle propose la mise en place « d’un centre national de référence » pour « améliorer la cohérence de l’acquisition de connaissances et l’appui à l’action publique ».
Le groupe national santé environnement doit se réunir le 13 février pour engager les travaux en présence de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et d’Agnès Buzyn, ministre de la Santé. Puis, un groupe de travail interministériel se réunira à partir de début mars. L’objectif du gouvernement est d’adopter la nouvelle SNPE « d’ici la fin de l’été 2018 ».
La surveillance des perturbateurs endocriniens est quasi inexistante pour les sols, très en retard pour l’air, selon les experts.