Le tribunal de commerce de Carcassonne se prononcera le 30 juillet sur la reprise de l'entreprise. Un seul dossier a été déposé à ce jour par le groupe agro-alimentaire CA Holding, qui prévoit notamment de conserver 86 emplois sur les 95 actuels.
LAURENT Spanghero, le p.-d.g. de La Lauragaise, à Castelnaudary (Aude), s'apprête à passer la main le 30 juillet prochain devant le tribunal de commerce de Carcassonne (Aude). Au 10 juillet, un seul dossier de reprise de la société qui emploie aujourd'hui 95 personnes a été déposé par le groupe agroalimentaire CA Holding. L'ancien rugbyman avait repris en juillet 2013, la structure Spanghero qu'il avait lui-même créée puis revendue, pour la sauver de la liquidation. La société Spanghero avait perdu ses clients dans le prolongement du « horsegate », l'affaire de la viande de cheval vendue pour du bœuf par les anciens dirigeants issus de la coopérative Lur Berri. Mais l'ancien rugbyman n'a pas réussi à atteindre les objectifs fixés. Il a déposé le bilan en avril dernier pour activer un mécanisme de reprise par un grand groupe agroalimentaire. « Nous étions partis de rien, d'une usine à l'arrêt, sans client, sans fournisseur et sans agrément. Tout était à reconstruire. Mais nous avons réussi à sauver la structure du naufrage et l'usine de la friche industrielle dans une ville, Castelnaudary, où l'on compte 18 % de chômeurs », analyse Laurent Spanghero, confiant pour l'avenir de l'outil industriel et la quasi-totalité des salariés.
UN REPRENEUR CONNU DES SALARIÉS« Nous sommes dans la dernière ligne droite de la reprise, après avoir levé bien des barrières, notamment auprès des banques pour échelonner les échéances du crédit-bail de l'outil industriel de Castelnaudary. Ce qui nous a manqué c'est le volume de production. Or, sans anticiper le jugement du tribunal de commerce, le groupe qui peut s'installer aux commandes le 30 juillet va justement apporter cette production. Je suis aujourd'hui totalement rassuré, alors que je viens de passer les quinze mois les plus difficiles de ma carrière de chef d'entreprise », poursuit l'ancien rugbyman qui a refusé catégoriquement de confirmer l'identité de ce repreneur providentiel. Des séances de travail se sont multipliées ces dernières semaines pour que la reprise puisse se passer dans les meilleures conditions. Le repreneur n'est d'ailleurs pas un inconnu pour les employés du site de Castelnaudary puisque la société alors baptisé Spanghero a déjà travaillé pour ce groupe en prestations de service ou sous-traitance
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
CA Holding dont le siège est à Paris (1 700 salariés, 330 M€ de CA) pourrait réaliser cette reprise via sa filiale Loste Tradi-France, et faire fabriquer dans l'usine de Castelnaudary du confit de canard et de la saucisserie, après avoir réalisé des travaux d'aménagement. « C'est un dossier très solide. Ils ont besoin d'une force supplémentaire de production », explique un proche du dossier. Interrogée, la société Loste a catégoriquement refusé de communiquer sur cette éventualité se réservant toutefois la possibilité de le faire à la rentrée de septembre. La Lauragaise qui continue de produire, mais à un rythme mesuré, emploie actuellement 95 personnes. Le plan de reprise devrait permettre de sauver 86 emplois. À 75 ans, Laurent Spanghero pourra, lui, complètement se consacrer à Nutri-Nat, une autre société agroalimentaire basée à Revel (Haute Garonne) sur le créneau de l'alimentation d'origine végétale.