Les vétérinaires exerçant en milieu rural, en exercice mixte ou exclusivement auprès des animaux de rente, montrent un épuisement émotionnel moindre que leurs confrères exerçant en milieu urbain auprès des animaux de compagnie, révèle une enquête publiée le 19 mai par l’Ordre national des vétérinaires (CNOV), l’association Vétos-Entraide et l’Université de Bourgogne Franche-Comté. Ces résultats ne sont pas liés aux conditions de vie et de travail « au grand air », explique le chercheur en psychologie Didier Truchot, mais au fait qu’« il y a plus d’hommes que de femmes qui exercent en milieu rural ». Or, l’épuisement émotionnel est plus élevé chez les femmes vétérinaires, notamment parce qu’elles cumulent leur investissement professionnel avec les tâches ménagères et éducatives. Autre point notable : l’épuisement émotionnel des vétérinaires salariés est plus élevé que celui des libéraux.
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Les vétérinaires présentent un risque de suicide trois à quatre fois plus élevé que la population générale, et deux à trois fois plus élevé que les médecins généralistes. D’après cette étude, 4,7 % des vétérinaires ont déjà tenté de se suicider. La charge de travail et le débordement de la vie professionnelle sur la vie privée sont la principale source de stress. Autre question majeure : celles des gardes. Les enquêtés expriment souvent un « ras-le-bol » des gardes et des permanences de nuit et les week-ends. Et l’étude conclue qu’ « il existe bien une corrélation entre le nombre de gardes et les troubles du sommeil, les idéations suicidaires et le nombre de tentatives de suicide ». Les chercheurs font également le lien entre la mauvaise santé physique et les idéations suicidaires. « Il y a un travail de prévention à faire, souligne Didier Truchot. Comme chez les agriculteurs, il y a une culture très masculine chez les vétérinaires qui fait qu’ils ne prennent pas assez en compte leur santé ».