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BOISSONS ÉNERGISANTES/ALLÉGATIONS SANTÉ Veto du Parlement européen à de nouvelles allégations de santé relatives à la caféine

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Le Parlement européen a mis son veto à un projet de règlement de la Commission européenne visant à établir une liste des allégations de santé autorisées portant notamment sur les boissons sucrées et les boissons énergisantes enrichies à la caféine. L'absorption excessive de ce type de boissons – très prisées notamment par les enfants et les adolescents – présente des risques de santé comme des maux de tête et des insomnies, sans parler des problèmes de poids.

Interdire aux fabricants de boissons sucrées et de boissons énergisantes contenant de la caféine de faire de la publicité qui vante les mérites pour la santé, c'est l'objectif de la résolution votée le 7 juillet à Strasbourg par le Parlement européen. Les eurodéputés ont en effet décidé de ne pas autoriser l'industrie à mentionner sur les étiquettes de ces boissons qu'elles peuvent, par exemple, augmenter la concentration, l'endurance et la vigilance, comme le propose la Commission européenne dans son projet de règlement (1). Dans le viseur des parlementaires européens, les boissons énergisantes de type Red Bull ou Monster qui contiennent des teneurs élevées en sucre et en caféine et qui sont essentiellement consommées par les jeunes, en particulier pendant la période des examens scolaires. Dans leur résolution, les eurodéputés considèrent que l'utilisation des allégations de santé, comme proposé par la Commission, est susceptible de favoriser la consommation de boissons énergisantes et que, dès lors, on peut s'attendre légitimement à ce que la dose journalière de sucre et de caféine

dépasse la dose journalière recommandée. Ils rappellent à cet effet que l'article 3 du règlement 1924/2006 (sur les allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires) interdit l'utilisation d'allégations de santé qui encouragent la consommation excessive d'une denrée alimentaire. Ils considèrent que, en vertu du projet de règlement de la Commission, les allégations d'après lesquelles la caféine contribue à augmenter la vigilance et à améliorer la concentration ne doivent pas être utilisées pour des denrées alimentaires ciblant des enfants et adolescents, dans la mesure où 68 % des adolescents et 18 % des enfants consomment régulièrement des boissons énergisantes.

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Les eurodéputés notent au passage, que le code volontaire de bonnes pratiques de l'industrie des boissons énergisantes pour la commercialisation et l'étiquetage des boissons énergisantes « s'engage uniquement à ne pas commercialiser des boissons énergisantes à des enfants de moins de 12 ans ». Ils affirment que dans la pratique, il est difficile de contrôler que des boissons énergisantes portant les allégations proposées ne sont pas vendues à des enfants, qu'elles ciblent ou non des enfants et des adolescents, rendant ainsi inefficace la condition d'utilisation des allégations de santé proposées par la Commission et que, dans tous les cas, rien n'empêche la commercialisation de ces boissons à des adolescents. Les eurodéputés estiment par ailleurs que l'étiquetage d'avertissement proposé (conditions d'utilisation) ne comporte aucun avertissement concernant la consommation maximale par dose unique, mais se réfère uniquement à la dose maximale journalière. Considérant qu'un lien a été établi entre les boissons énergisantes et les maux de tête, les insomnies et les problèmes comportementaux chez les enfants et les adolescents qui les consomment régulièrement, ils s'opposent donc à l'adoption du projet de règlement de la Commission et demande à cette dernière de retirer sa proposition. Aux Etats membres de l'UE, ils demandent d'envisager l'introduction de règles sur la commercialisation de boissons à teneur élevée en caféine ou de denrées alimentaires avec adjonction de caféine pour les enfants et les adolescents.

(1) Ce projet de règlement vise à modifier le règlement 32 2012 établissant une liste des allégations de santé autorisées portant sur les denrées alimentaires, autres que celles faisant référence à la réduction du risque de maladie ainsi qu'au développement et à la santé infantile.