Abonné

Viande bovine : 60 M€ d’aides d’urgence pour les éleveurs

- - 3 min

Le 6 mars, le Premier ministre a annoncé des aides pour les éleveurs de bovins viande les plus en difficulté. Une mesure saluée par les producteurs de la FNB, qui restent mobilisés pour obtenir l’instauration d’un prix minimum.

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé le 6 mars le déblocage de 60 millions d’euros (M€) d’aides d’urgence aux éleveurs les plus en difficulté, qui ont gagné moins de 11 000 € en 2020, tout en incitant la filière à continuer à se restructurer. « Pour tous les éleveurs qui ont gagné moins de 11 000 euros en 2020 et qui ont subi des pertes importantes, ce qui représente 18 000 exploitations, […] nous allons mettre en place un dispositif exceptionnel de soutien financier qui permettra de couvrir jusqu’à 80 % des pertes d’exploitation », a affirmé le Premier ministre en conclusion d’une table ronde dans la Creuse avec les représentants de cette filière agricole.

« Cela signifie une enveloppe de 60 millions [d’euros] qui va s’ajouter à l’enveloppe prévue dans le plan de relance […] de 50 millions pour la restructuration de la filière, actions que je veux lier », a-t-il ajouté. « C’est un tout. Il y a une situation d’urgence, nous devons [y] répondre. Mais les aides d’urgence ne régleront rien » pour la filière de l’élevage, « il faut que ces filières continuent encore à s’améliorer, notamment dans le secteur de la viande, à mieux se structurer », a insisté M. Castex.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

« Poudre de perlimpinpin » pour le Modef

Cette aide constitue « un premier signe positif de reconnaissance de la gravité de la crise », a salué la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) dans un communiqué le 8 mars. « Au-delà de ce " geste " qu’ils mesurent, c’est donc confortés dans cette certitude que les éleveurs vont poursuivre leur mobilisation », annonce cependant la FNB. Plusieurs organisations du syndicalisme majoritaire appellent à manifester le 9 mars dans le grand Massif central (1). Dans son communiqué, la FNB estime que l’aide d’urgence « dont les modalités d’attribution ne sont pas encore connues, ne constitue pas une réponse adaptée ».

L’association spécialisée de la FNSEA rappelle sa demande : « Le gouvernement doit, rapidement, intervenir pour […] garantir un prix couvrant leur coût de production. » Une décision qui, estime la FNB, « ne coûtera pas un seul euro d’argent public » et constitue « la seule réponse concrète et efficace ». Une position partagée par le Modef, pour qui la mesure du gouvernement relève de la « poudre de perlimpinpin », et qui promet d’envoyer un « projet de loi » (sic) aux députés « dans les prochains jours ». Le 6 mars, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie avait promis des « changements » à la loi Egalim, rappelant toutefois que « la loi ne peut pas fixer le prix » des produits agricoles.

Une aide liée à une meilleure structuration de la filière