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Viande bovine bio : la filière vigilante malgré une belle année 2018

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Une production en hausse, des prix stables : le développement de la viande bovine bio a de quoi faire des envieux. Une progression tirée en 2018 par les gros bovins allaitants (+20 % à 17 000 t) et les veaux (+20 % à 3 000 t), d’après un rapport de l’observatoire bio d’Interbev (interprofession bétail et viande), publié le 5 juillet. De leur côté, les abattages de gros bovins laitiers ont augmenté de 15 % (à 9 500 t). Malgré un recul du poids moyen des carcasses probablement dû à la sécheresse, les « engagements pris entre les différents acteurs de la filière » ont permis de « conserver les parts de marchés acquises », explique la note.

« La base de la réussite de la viande bio, c’est la contractualisation et la planification à partir de l’amont », confirme Phililppe Cabarat, éleveur et président de la commission bio d’Interbev. S’y ajoute une demande favorable, qui fait que « la distribution […] s’aligne sur la rapide progression de la production », d’après l’observatoire. Résultat : les cours sont stables depuis quatre ans, « tous types et catégories confondus », affirme l’interprofession. Un élément qui favorise les conversions, en hausse de 14 % en 2018 pour les bovins allaitants comme laitiers.

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« Tant que nous continuerons à gérer la production au niveau de l’offre, il n’y aura pas de risque majeur, assure Philippe Cabarat. Dans le cas contraire, on risque de retomber dans des cycles comme en conventionnel. » Selon cet éleveur nivernais, le marché peut absorber « 10 % de viande bio » sans perturber le segment conventionnel. Autre crainte de la profession : une stagnation de la consommation sur fond de « véganisme ambiant » : « 15 % des viandes bio sont vendues en magasins spécialisés, rappelle M. Cabarat. Les clients y songent à manger de moins de viande. » Un phénomène qui n’épargne la grande distribution, où « la consommation individuelle baisse ». La filière ne pourra pas faire l’économie d’une réflexion approfondie. Première étape : la publication en septembre d’un sondage pour évaluer le potentiel de consommation.

Une progression tirée en 2018 par les gros bovins allaitants et les veaux