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Bovins Viande bovine : compétitivité au cœur des préoccupations

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Les échanges commerciaux ont une place significative dans l’avenir de la filière bovin viande française. Dans ce contexte, la compétitivité est au cœur des préoccupations d’une filière en demande de restructuration.

«On perd des parts de marché intérieur sur les dix dernières années », a expliqué Pascal Mansaint, chercheur spécialiste de l’économie des filières viandes, lors d’une conférence sur la viande française le 7 décembre à Paris. Les importations portent sur les pièces d’arrière et du minerai (pièces destinées au steack haché). Une étude de l’Institut de l’élevage précise qu’au total, les importations de viande bovine en France représentent « 22% de l’offre totale des opérateurs français et 26% de la consommation nationale ». Par ailleurs, les exportations connaissent un essor exceptionnel depuis l’ouverture du marché turc. « On n’exporte pas la même viande que l’on consomme », tient à rappeler Dominique Langlois, président d’Interbev (interprofession de la viande). Dans un contexte où les échanges confortent leur place dans l’avenir de la filière bovin viande française, la compétitivité est au cœur des préoccupations.

Les facteurs de distorsion de la filière

« La réduction des coûts est un argument de rentabilité, mais ce n’est pas le seul. La rentabilité est une combinaison entre productivité et efficacité des charges », a expliqué Patrick Sarzeaud de l’Institut de l’élevage, au congrès international 3R (rencontres autour des recherches sur les ruminants) qui se tenait les 7 et 8 décembre à Paris. Ces deux leviers permettent de jouer sur la compétitivité au maillon production de la filière. D’autres leviers existent et pas seulement au niveau de la production. La comparaison des distorsions de concurrence entre l’Allemagne et la France permet de dégager les facteurs qui pèsent sur la compétitivité le long de la filière française. « La gestion des aides à l’investissement agricole (deuxième pilier de la Pac) est un des facteurs de distorsion », a présenté Anne Mottet de l’Institut de l’élevage au congrès international des 3R. « L’Allemagne a concentré la répartition de ces aides, alors que la France les a diluées sur un plus grand nombre d’exploitations », a-t-elle poursuivi. Les résultats de son étude identifient d’autres facteurs de distorsion comme le financement de l’équarrissage, la politique sur les énergies renouvelables, le coût de la main d’œuvre et le régime fiscal des exploitations.

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